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Face à la douleur de la perte d’un être cher – par Don Bruno Ferrero

05 Avr

Fulgence était un bon père et un bon mari, mais un jour la tristesse et la désolation déboulèrent dans sa vie et sa jeune femme mourut.
Une douleur immense et brûlante déchira son existence. Rien ne pouvait atténuer sa souffrance. Il cherchait en vain des bribes de consolation chez ses enfants qui le regardaient perdu. Tels des miroirs, leurs humbles yeux lui renvoyaient l’image de leur mère tant aimée. Il ne se souvenait même plus du temps où il allait travailler en chantant. Le travail comme le pain était devenu indigeste et dur.

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Un soir, alors qu’il était accroupi dans son lit pleurant en silence pour ne pas réveiller les enfants, une silhouette douce et rassurante lui apparut et le prit par la main.
C’était la Vierge des Sept Douleurs.
« Viens avec moi, Fulgence » dit-elle. « Viens avec moi : je t’emmènerai au fleuve de paix. Quiconque se baigne dans ses eaux trouvera la consolation qu’il recherche ».
Longtemps ils marchèrent dans la nuit.

A un certain moment, Fulgence commença à entendre le bruit des eaux grondantes. Un immense fleuve aux eaux pures et transparentes coulait devant eux.
« Plonge-toi dans le fleuve de paix, pèlerin de la douleur », lui dit la Vierge « ses eaux dissoudront ta peine et ton angoisse ».
Fulgence s’immergea. Aussitôt, son corps fut enveloppé d’un réconfort puissant, d’une sérénité et d’une paix extraordinaire qui guérissait peu à peu ses blessures.

Après quelques instants, Fulgence demanda à la Vierge : « D’où vient cette eau miraculeuse ? »
« Ce sont les larmes du monde », répondit la Vierge. « Toutes les larmes du monde se rassemblent dans ce fleuve. Des larmes d’amertume, de peur, de douleur, de déception, de défaite, de colère. Mais aussi les larmes les plus douces, celles qui sont versées par amour, pour le retour d’un être cher, pour un danger évité ».

Tendant l’oreille, Fulgence put entendre les soupirs et les gémissements de tous ceux qui avaient versé ces larmes, et il comprit que ses larmes aussi faisaient partie désormais d’un cri unique, pur et indistinct, qui coulait dans les eaux de ce fleuve. Il se sentait en totale communion avec toutes les douleurs et les joies du monde.
C’est à ce moment que la Mère de Dieu lui parla de la douleur de son Fils, et Fulgence entendit distinctement les pleurs du Christ devant le tombeau de Lazare, ses pleurs de Gethsémani, ses pleurs au pied de la Croix.

Fulgence se leva soudainement : son oreiller était encore humide, mais une paix profonde s’était enfin emparée de lui.

Il avait compris : nous ne sommes pas des enfants de la douleur, mais de la compassion.

 

 
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Publié par le 5 avril 2020 dans Catholicisme

 

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