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La Grèce n’est pas seule à donner des signes d’inquiétude

01 Juil

Par le banquier anonyme – Le Chinext (équivalent chinois du Nasdaq) vient d’enregistrer une chute de 8,3% en un jour, soit la plus grosse chute journalière de toute son histoire.

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Il y a deux semaines la grande presse fêtait la croissance boursière chinoise qui venait d’atteindre une capitalisation de 10 000 milliards de USD. Sauf que depuis lors, les actions chinoises viennent de perdre 2000 milliards de USD !

L’idée généralement admise, en particulier par une lettre confidentielle payante bien connue, d’inspiration fabianiste, c’est que la Chine va « sauver le monde » grâce à son projet de route de la soie. Pour « preuve » des initiatives comme la mise en place d’accords swap, de création d’une nouvelle banque d’investissement, etc

Le fait est que la Chine, pays néo-communiste établi sur l’athéisme et l’individualisme, est un géant aux pieds d’argile.

 

Comme d’autres, le modèle économique de la Chine a été sous l’influence d’un pouvoir public omniprésent et ultra-puissant: exportation vers le reste du monde de produits à bas coûts (que les consommateurs achètent principalement à crédit), devise (yuan) maintenue basse par la banque centrale via une création monétaire débridée, aspiration de capitaux étrangers en quête de rendements, yuan crées investis dans des bulles boursières et immobilières, le tout noyé dans un nuage de données statistiques officielles encore plus fausses que celles des Etats-Unis (et ce n’est pas peu dire).

 

Mais le modèle chinois n’est pas du tout viable

Les consommateurs européens et américains n’ont plus accès au crédit et achètent moins de produits chinois, la Chine est incapable de créer une demande intérieure assez forte pour compenser la chute des exportations, les bulles chinoises donnent des signes de rupture, la banque centrale tente péniblement de maintenir le yuan aussi bas que possible, d’éviter une fuite des capitaux étrangers et de maintenir le système bancaire (officiel et opaque à flot).

La progression boursière spectaculaire observée ces derniers mois est exclusivement dûe à une nuée de nouveaux petits investisseurs chinois (courbe verte) achetant des titres à crédit (courbe rouge):

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Mais aussitôt qu’on parle de crédits en Chine il faut distinguer l’officiel de l’opaque !

Ainsi la courbe rouge (officielle) situe les achats à crédit aux environs de 2200 milliards de Yuans, mais il y a vraisemblablement 500 milliards en plus de financements opaques. Et en matière de crédits opaques, les Chinois sont de loin, les champions du monde (*) .

En Chine plus qu’ailleurs, ce qui compte pour se positionner en bourse sont les actions de la banque centrale et du gouvernement. Est-ce que la communication officielle du parti laisse entendre que l’Etat va soutenir la bourse ? l’immobilier ? les potentats locaux ?

Jusqu’il y a peu, les différents gouvernements régionaux chinois n’étaient pas autorisés à emprunter directement sur les marchés ou aux banques pour financer leurs multiples projets immobiliers plus ou moins spéculatifs. Pour contourner l’interdiction, ils l’ont fait via des véhicules d’investissements (= des sociétés financières spéciales servant d’écran). Comme le marché immobilier chinois est en train de se retourner, les banques chinoises se retrouvent face à des sociétés écrans incapable de rembourser. C’est pourquoi, afin de les sauver discrètement, le gouvernement central a autorisé les gouvernements régionaux à émettre des obligations (ce qu’ils n’avaient plus le droit de faire depuis 20 ans) que les banques chinoises sont priées d’acheter et de donner à la banque centrale en échange de cash. Il s’agit d’une discrète OPÉRATION DE SAUVETAGE alors qu’officiellement la Chine se vante de ne pas avoir besoin pratiquer de quantitative easing car « tout va bien ». Or toutes ces dettes gouvernementales émises pour sauver le système vont entraîner une montée des taux alors que précisément la banque centrale veut les maintenir au plus bas pour « aider l’économie ».

Ce qu’il faut retenir c’est que les évènements boursiers de ces derniers jours ne sont que le début du reflet de la cacophonie financière qui règne en Chine où les apparences sont plus trompeuses qu’ailleurs.

En juin 1997, débutait la crise Asiatique. A l’époque, selon la version officielle, l’Asie profitait d’une croissance robuste et solide alors qu’en réalité elle était en mode bulle: actions et immobiliers ne faisaient que monter, l’investisseur qui achetait pour revendre peu après, gagnait à tous les coups. Jusqu’au jour où le détonateur (en l’occurrence des mouvements inattendus sur la devise thaïlandaise) a été activé entraînant l’explosion. Du jour au lendemain, les bourses, l’immobilier et les devises asiatiques ont plongé, le crédit s’est asséché et le prix des produits importés a lui explosé.

Il n’existe aucun exemple de bulle financière dans l’histoire qui n’a pas éclaté brutalement. Mais officiellement, cette fois, ce sera différent… Bonnes gens, dormez tranquille…

 

Le Banquier Anonyme

(*) Pour le lecteur curieux et habitué aux montages financiers complexes, voici un descriptif technique en anglais tiré de zerohedge « Essentially, brokerages are only allowed to facilitate margin trading for investors whose account balances total at least CNY500K, and even then, traders can only lever up 2X. Clearly that’s no fun, so brokerages naturally looked for ways to skirt the rules. Umbrella trusts offered a way around the restrictions and while the mechanics can be made to sound complex, the idea is actually quite simple. An umbrella trust is set up like a CDO. The senior tranche is sold by banks to clients who receive a fixed payout (like a coupon payment), only instead of CDS premiums (in the case of a synthetic structure) or cash flows (from a cash structure), the ‘coupon’ payments are generated by equity investments in the subordinated tranches, which are used by brokerages to skirt margin restrictions. In other words, the guys holding the senior tranches are financing the stock trades of the guys in the junior tranches”.

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Commentaires fermés sur La Grèce n’est pas seule à donner des signes d’inquiétude

Publié par le 1 juillet 2015 dans Non classé

 

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