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JAPAN : TSUNAMI Major Wave III on Gold – Partie I

03 Fév

Gold-Yen

Par Menthalo – Dans le silence des agneaux, l’or s’envole au Japon avec une longueur d’avance sur l’Occident. Regardez cette sortie de consolidation d’un académisme parfait.

Comme partout dans le monde, au mois d’août 2011, l’or culmine. Les cours chutent lourdement pour chercher un support, puis remontent pour se heurter à une forte résistance en mars 2012, l’or chute à nouveau jusqu’au support. En octobre 2012, la résistance oblique est de nouveau testée, elle n’est brisée qu’en novembre. Quand une « résistance » est vaincue, elle doit être retestée pour vérifier qu’elle est bien devenue « support ». Comme vous le voyez sur ce graphe, fin novembre et mi-décembre, les bougies rouges viennent s’appuyer sur la résistance 2011-2012, validant sa solidité. Dés lors, les cours de l’or en YEN peuvent s’envoler pour aller chercher de nouveaux plus hauts. Toutes les résistances sont cassées en une seule longue poussée, depuis 3 semaines, l’or enregistre de nouveaux records dans la monnaie japonaise.

Que s’est il passé ? Le Japon est en déflation depuis presque 20 ans. Dés 2001, la BoJ expérimentait le Quantitative Easing. En 2006, la BoJ avait  un taux directeur très bas de l’ordre de 0,7% qui a permis à de nombreux financiers d’emprunter au Japon très bon marché pour replacer cet argent en Dollar rémunéré à 5,25%, c’était le « Yen Carry Trade ». La BoJ vendait du yen sur les marchés internationaux pour abaisser la valeur de sa devise afin de favoriser ses industries à l’exportation.

Mais en septembre 2007, la bulle immobilière éclate aux Etats-Unis et la crise des « subprimes » commence à voir le jour. La Fed va abaisser son taux directeur à 4,75%, puis la crise s’amplifiant, à 3,5% en janvier 2008. En octobre 2008, alors que la faillite de Lehman Brothers provoque une crise systémique, la Fed baisse encore son taux à 1,50% et finira l’année 2008 au plus bas à 0,25%.

YEN-JAPON

Comme on le voit sur ce graphe, ce changement de politique monétaire de la Fed va amener la finance internationale à vouloir clôturer ses positions de Yen Carry Trade. Pour rembourser leurs emprunts en Yen, les Hedge Funds ont du vendre leurs actifs en dollars et acheter du Yen, provoquant une flambée de la monnaie nippone et un effondrement des marchés. Pour répondre à cette violente crise du Yen, la BoJ va abaisser son taux directeur à 0,10% en décembre 2008 en s’engageant à maintenir ce taux pendant les 4 années suivantes. Ce qui nous amène à décembre 2012.

Les Hedge Funds ont mis fin à leur Yen Carry Trade en 2012, provoquant cette hausse du Yen et ont très certainement spéculé sur la baisse de la monnaie nippone, avec succès comme on le voit sur ce graphe.

Le 14 janvier 2013, sous la forte pression du nouveau Premier Ministre du Japon, la BoJ a accéléré son programme d’achats d’actifs pourris, injectant quelques 10.300 milliards de yens, (87 Mds d’€), dévalorisant de ce fait la valeur du Yen, tant en valeur relative vis à vis des autres monnaies, qu’en valeur absolue comme on le voit sur le graphe de l’Or ci-dessus.

GUERRE MONÉTAIRE

Dans la guerre monétaire actuelle, le Japon a donc une petite longueur d’avance sur toutes les autres monnaies, suivie de près par la livre sterling.

Malheureusement, l’Euro-Dollar est parti pour toucher 1,38  et il pourrait monter jusqu’à  1,42. (voir « la troisième colonne »)

Gold-hebdo022013

Sur ce graphique hebdomadaire de l’or en Dollar, que vous pouvez comparer à celui du Yen en haut de page, vous pouvez constater que la configuration est très proche. Généralement je regarde les Moyennes Mobiles Exponentielles, mais ici, j’ai laissé la MME100 (en rose) et la MME100 (en bleu). On voit que cette dernière soutient les cours. Manque t’il une courte jambe de baisse pour s’appuyer sur la MME rose ? C’est possible mais rien n’est moins certain.

UN RECORD DU COMEX

Une surprise de taille a bouleversé le COMEX, lorsqu’au premier jour de dépôt des demandes de livraison du mois, ce sont 1.391.000 onces d’or, soit 43,26 tonnes, qui ont été réclamées. Normalement le mois de décembre est le plus gros mois de l’année pour les demandes de livraison. En décembre 2012, 10 tonnes ont du être livrées. C’est donc 4,3 fois plus qui ont été réclamées le 31 janvier. Harvey Organ étudie le marché de l’or et de l’argent depuis les années 70, il n’a jamais vu une telle demande de livraison. Officiellement, plus de la moitié des contrats ont été servis le 31 janvier, et 155.000 onces le lendemain. Il reste 409.000oz à servir. Ces informations officielles ne vous révèleront pas si des accords de gré à gré ont été passés entre JPM et les acheteurs pour surseoir à cette livraison moyennant finances ou si au lieu de physique, c’est de l’or papier qui a été livré. Ce marché est parfaitement opaque. Pour Harvey Organ, cette demande inattendue pourrait venir d’Asie.

Le fait que la Federal Reserve de NY ait demandé un délai de 7 ans pour livrer les 300 tonnes d’or de la Bundes Bank allemande a mis l’accent sur le fait que le jeu des chaises musicales est entré en phase finale. Certains sont en train de s’assurer d’avoir une chaise.

Par ailleurs, la course à la dévaluation compétitive des principales Banques Centrales du G8 ne laisse pas d’autres choix aux financiers, que de chercher à placer leur trésorerie dans des biens réels, que ce soit des métaux précieux, du pétrole ou des produits agricoles pour fuir la monnaie fiduciaire.

Pour rester sur l’or, voici un graphique comparée de l’or en GBP (livre anglaise) et en Euro.

L’or en GBP semble plus proche de son décollage que l’or en Euro. Ce dernier me semble sous la résistance 2011-2012 (qui n’est pas dessinée).

Profitez de la force de l’Euro pour renforcer votre position en métaux précieux à bon compte. D’après mes informations, les pièces d’argent ont très peu baissé en France. Les vendeurs refusent de vendre au cours et la prime monte avec la hausse de l’euro. Nos lecteurs suisses, belges ou luxembourgeois ont peut être de meilleures opportunités à saisir.

Gold-GBP-EURO

[A suivre… LA TROISIÈME COLONNE]

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8 Commentaires

Publié par le 3 février 2013 dans Non classé

 

8 réponses à “JAPAN : TSUNAMI Major Wave III on Gold – Partie I

  1. Menthalo

    3 février 2013 at 19 h 15 min

    Quand vous aurez lu la deuxième partie, vous serez étonné devoir que sans nous consulter, Jacques et moi avons traité des sujets proches… en tirant des conclusions relativement similaires. C’est ce qu’on appelle la simultanéité.
    Cela m’a amusé en lisant ses articles ce matin.
    Bon week end à tous

     
  2. justino

    3 février 2013 at 20 h 23 min

    Merci, super papier, j’attends avec impatience la suite.

     
  3. crisemajeure

    3 février 2013 at 20 h 57 min

    Dans ce contexte durable d’inflation monétaire caractérisée par une guerre des monnaies dont personne ne sortira gagnant, la plupart des pays et une petite partie des populations réagissent par réflexe d’auto protection et cherchent à se prémunir à court terme, pour la période à venir.

    En prospective : ces réflexes en temps de crise majeure sans précédent étaient prévisibles pour les think tanks. Ce premier report vers les métaux précieux, y compris en avant garde au Japon dont la monnaie nationale perd par avance sa valeur, avant de devenir une ruée non contrôlable, car sans aucune correspondance entre les ordres d’achat qui seront passés et les stocks physiques correspondants, ces réactions en chaîne feront exactement le jeu du cartel mondialiste.

    Le cartel vise à sa manière à un retour vers l’étalon or, mais avec un objectif insoupçonné du plus grand nombre. Il lui suffira, le moment venu de provoquer un vent de panique sur les marchés des devises pour que toutes les nations acceptent un retour à cette valeur étalon. Le seul moyen à leur disposition pour mettre fin le plus vite possible au grand trouble économique et social que provoquera cet effondrement des principales monnaies.

     
    • Geraldine

      3 février 2013 at 23 h 57 min

      Le retour à l’étalon-or signerait la fin du cartel mondialiste, ça m’étonnerait donc qu’il l’ait planifié.

       
      • crisemajeure

        4 février 2013 at 17 h 32 min

        Bonjour Géraldine,

        Puisque la guerre des monnaies produit les effets destructeurs que l’on connaît actuellement, comment le cartel mondialiste pourrait-il donner confiance en un nouvel ordre mondial, si celui-ci proposait de s’en tenir à un système monétaire tel qu’il fonctionne aujourd’hui, des monnaies adossées qu’à la dette immense des États, qu’à des lignes de comptes virtuelles ex nihilo (tirées du vacuum) ? Qui aurait confiance en un tel système BIS.

        Imaginer que l’annonce de la refonte complète du système financier et économique soit faite sur la base de l’ancien modèle qui s’avère aujourd’hui le plus grand échec de tous les temps !

        Par contre, le grand public garde bien en mémoire l’époque beaucoup récente plus favorable et plus stable dite des trente glorieuses (1945 – 1975). L’époque qui permettait dans le contexte du progrès scientifique, technologique, social… une certaine redistribution des richesses produites, une meilleure consommation, plus l’investissement au profit de l’économie de terrain, etc.

        La solution proposée passe donc par un fondement d’une nouvelle monnaie unique, qui ne peut-être que l’or, voir le développement ici : http://lecitoyenengage.fr/2012/06/09/la-crise-de-leuro-est-un-vaste-racket-de-lor-des-nations/

         
      • crisemajeure

        4 février 2013 at 17 h 44 min

        Géraldine,

        Correction de l’inversion de mots : Lire l’époque récente, beaucoup plus favorable… plus d’investissement

         
  4. brunoarf

    3 février 2013 at 20 h 59 min

    Sur son blog, Laurent Pinsolle écrit :

    L’étude à laquelle je me réfère a été rédigée en 1999 par trois économistes. Elle est issue du ZEI, le Centre pour les Etudes sur l’Intégration Européenne de l’université de Bonn, dont je vous invite à visiter le site pour bien constater qu’il ne peut guère être accusé d’euroscepticisme, puisque son objectif déclaré est de « contribuer à trouver des solutions aux problèmes non résolus d’intégration européenne et la construction du rôle international de l’Europe ».

    Cette étude revient sur la scission de la Tchécoslovaquie au début des années 90. En juin 1992, les élections législatives produisent un résultat insoluble où, dans la partie Tchèque, une coalition de droite l’emporte alors que dans la région Slovaque, c’est la gauche qui l’emporte. Assez rapidement, les tchécoslovaques s’entendent pour couper le pays en deux au 1er janvier 1993. Et l’union monétaire qu’ils souhaitaient pourtant conserver se disloque dès le mois de février.

    La Tchécoslovaquie n’était pas une Zone Monétaire Optimale.

    Les auteurs concluent que ce sont des raisons politiques qui ont conduit à la rupture. Mais alors que l’Union Européenne se dirigeait vers la création de l’euro, ils se demandent tout de même si la Tchécoslovaquie était une Zone Monétaire Optimale et s’il y avait un sens à revenir à des monnaies nationales. Ils décrivent donc les trois conditions qui définissent une Zone Monétaire Optimale : le budget central, la mobilité des travailleurs et la convergence macro-économique. Et, surprise, leur résultat est négatif.

    S’il existait bien sûr un budget central, qui assurait des transferts importants, les deux autres facteurs n’étaient pas vérifiés. En effet, la mobilité des travailleurs entre les deux parties du pays était très faible malgré des différences de salaires qui auraient du y inciter. En outre, il n’y avait pas de convergence, les économies ne s’étant pas du tout rapprochées depuis l’après-guerre. Ils notent en revanche que la séparation a contribué à réduire les échanges entre les deux nouveaux pays.

    Des leçons pour la zone euro.

    L’exemple de la Tchécoslovaquie est redoutable pour les défenseurs de la monnaie unique. Voici un pays d’une taille limitée, qui a existé pendant soixante-dix ans, avec un budget commun, et dont on imagine que la convergence était facile. Mais non, ni l’unité budgétaire, ni l’autorité d’un Etat commun et autoritaire pendant si longtemps n’ont permis à la Slovaquie et à la République Tchèque de se fondre en ce que les économistes appellent une Zone Monétaire Optimale.

    Ces soixante-dix ans d’histoire commune n’ont ni développé la mobilité de la population ni la convergence des structures économiques. Autant dire que ce qui n’a pas été possible en plusieurs décennies avec un Etat central fort sur un petit territoire est donc totalement impossible à l’échelle d’une zone euro aussi grande et diverse. Même un Etat extrêmement fort et autoritaire ne ferait pas du continent européen ou même d’un petit groupe de pays une Zone Monétaire Optimale.

    Bref, la lecture de ce rapport sur la séparation monétaire de la Slovaquie et la République Tchèque démontre que l’aventure de la monnaie unique est décidemment bien hasardeuse. Heureusement les auteurs concluent qu’une sortie de l’euro ne serait ni compliquée ni chère.

    Laurent Pinsolle.

    http://www.gaullistelibre.com/2013/02/fin-dune-monnaie-unique-le-precedent.html#more

     
    • Fifibrindacier (@FifiBrind_acier)

      4 février 2013 at 7 h 27 min

      brunoarf,
      Quel dommage que Pinsolle et Dupont Aignan ne soient pas favorables à une sortie de l’UE par l’article 50, ni une sortie de l’ euro et de l’ OTAN….! Ils tournent autour du pot sans proposer de solutions réalisables.

      Leur profession de foi pour les dernières élections (seul document officiel) est explicite:
       » Pour une Europe des nations à la carte autour de grands projets comme Airbus ou Ariane ».
      Donc une énième mouture « d’une autre Europe »… Quand et comment? Mystère.

       » Pour une Banque de France avec des prêts à taux 0%. » Quand et comment? Mystère.

      Comment fait-on pour avoir une Banque de France indépendante de la BCE, avec des prêts à taux 0%, sans sortir de l’ UE et de l’euro? On modifie les Traités et les statuts de la BCE?
      Pour cela il faut un vote à l’ UNANIMITÉ.

      Article IV 443,3: « Un seul état peut s’opposer à toute modification. »

      La plupart des états européens sont dirigés soit par des Young leaders, soit par des gens formés dans les Universités américaines, soit d’anciens de Goldman Sachs… Vous pouvez toujours rêver qu’ils votent des modifications des Traités à l’unanimité….

      La seule solution légale pour sortir de cette usine à gaz, c’est l’article 50. Mais Pinsolle et Dupont Aignan ne le disent jamais.

      NB: Tous ceux qui proposent « une autre Europe » ont un point commun, ils ne disent jamais ni quand, ni comment ? Leur rôle est juste de faire patienter les mécontents. ( FN, Front de gauche, Bayrou, Debout la République etc)

       
 
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