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Quand les gouvernements volent l’or (2ème partie)

22 Déc

Adrian AshPar Adrian Ash pour BullionVault, 12 décembre 2012

L’or tchèque et les pièces d’or britanniques…

Dans la première partie nous évoquions les rumeurs concernant les métaux précieux aux Etats-Unis et comment Mussolini avait accumulé 35 tonnes d’or. Nous examinerons ici l’or tchèque volé par les Nazis en passant par la Banque des règlements internationaux et comment le gouvernement britannique a tenté d’endiguer l’investissement en pièces d’or dans les années 1960 pour protéger la balance commerciale et la devise du pays.

2er exemple : 1939, l’Allemagne nazi vole l’or tchèque à Londres

Vous n’aviez pas besoin d’être un particulier, ni de garder votre or à la maison, pour perdre des métaux précieux dans les années 1930. L’on s’en souvient peu aujourd’hui, mais les Nazis ont volé les réserves d’or tchécoslovaque et ceci a créé un tel scandale dans la presse britannique au milieu de l’année 1939 que le public était tout à fait prêt pour la guerre au moment où l’Allemagne a envahi la Pologne le mois de septembre de la même année.

La Banque des règlements internationaux (BRI) a été fondée en 1930 pour essayer de gérer l’étalon or international en plein déclin. Basé sur le territoire neutre de la Suisse, elle était supposée être au-dessus de la politique, et bien que ses officiels supérieurs fussent tous des banquiers centraux dans leur pays d’origine, ils agissaient en suivant un code de courtoisie de soutien mutuel et de respect. Non élus alors, et c’est encore vrai aujourd’hui, les banquiers centraux se considèrent comme nobles et indépendants de ces entreprises sales que sont la démocratie ou la dictature.

Donc, quand le 20 mars 1939, juste après que les Nazis soient entrés dans Prague, un message a été envoyé à la BRI apparemment par la Banque nationale Tchèque, la BRI a passé le message comme il se devait. Il était demandé à la Banque d’Angleterre (alors, tout comme aujourd’hui, le premier centre d’échange au monde de l’or physique) de transférer les métaux détenus sur le compte numéro 2 de la BRI à un nouveau compte BRI, numéro 17.

Oublions le fait que les Tchèques avaient déjà envoyé un message indiquant que toutes instructions viendraient « sous la contrainte » et devraient être ignorées. Oublions aussi que le parlement britannique avait gelé tous les avoirs tchèques, pour les défendre contre le vol nazi. Et oublions aussi que la Banque d’Angleterre savait que le compte BRI numéro 2 contenait de l’or tchèque, et que le numéro 17 était détenu par la Reichsbank allemande. Car le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Montagu Norman, était aussi le directeur de la BRI non politique. Et il ferait tout pour protéger la noble indépendance des banquiers centraux, appliquant leurs règles de courtoisie et apaisant les Nazis une dernière fois, en feignant l’ignorance des vrais détenteurs de l’or qui dormait dans ces deux comptes anonymes de la BRI.

Le transfert fut fait avant que quiconque en dehors des banques centrales ne le sache, et l’or était ainsi vendu en seulement dix jours. Au moment où l’histoire fut révélée en mai, les six millions de livres sterling de recette avaient disparu depuis longtemps (nous ne pouvons trouver aucune référence du transfert, ni du scandale national commençant en mai, dans le journal personnel de Norman).

3er exemple, 1966 : La Grande-Bretagne commence à poursuivre les investisseurs en pièces d’or

Deux décennies après la fin de la guerre, et 35 ans après que la Grande-Bretagne ait quitté l’étalon or, ses politiciens sont occupés à s’immiscer dans les investissements en or. Car la livre sterling a baissé sur le marché des devises. Alors les gens ont acheté de l’or, en envoyant de l’argent à l’étranger pour l’acheter et nuisant ainsi à la balance commerciale britannique déjà pas terrible. Et nuisant donc à la livre sterling à nouveau.

Pour essayer d’endiguer la situation, le gouvernement travailliste a mis un frein aux importations de pièces d’or, et a interdit à ses citoyens de posséder plus de quatre pièces d’or. Quiconque aurait une collection plus importante devait le signaler à la Banque d’Angleterre, les officiels jugeant alors si le détenteur est un vrai collectionneur ou un spéculateur.

S’adressant le 13 juin lors d’un débat (très tendu) entre parlementaires, le député conservateur de Worthing, Terence Higgins, a demandé pourquoi le gouvernement s’attaquait à l’or. « Les gens possèdent de l’or car ils n’ont pas foi en la politique du gouvernement relative à la stabilisation de coût de la vie et à la réduction du taux d’inflation… Prendra-t-il des mesures contre d’autres actifs spécifiques qui sont des protections contre l’inflation ? » (Les ménages indiens pourraient se demander la même chose aujourd’hui).

C’est bien dommage. La « règle de quatre » est passée (comme elle a été appelée par les détaillants). En juin 1967, quelques 4 847 personnes se sont soumis aux vérifications de la Banque d’Angleterre, et les procès ont commencé. Les contrôles des changes sur l’or ont finalement été annulés par le premier budget de la première administration Thatcher en 1979

La morale de ces histoires ?

Puisque l’or n’est plus un instrument clé des systèmes monétaires mondiaux, la soi-disant « confiscation » semble être aujourd’hui un phénomène propre au XXème siècle. Mais cela pourrait bien changé. Les contrôles des changes comme ceux qu’a subi le Royaume-Uni dans les années 1970 (et que l’Italie n’a abandonné qu’en 1999) sont plus probables. Car les gens, comme les gouvernements, veulent détenir de l’or quand ils craignent l’inflation, les conflits financiers ou les crises politiques. Le détenir à la maison pourrait exposer les particuliers au vol ou à la contrainte. S’ils détiennent l’or de façon sûre à l’étranger, en « offshore » comme on dit, même une juridiction démocratique sûre nécessite que les droits de propriétés clairs soient avérés si les investisseurs veulent garder le contrôle sur leurs avoirs en or. Soyez sûr de l’obtenir si vous pensez acheter de l’or dans le futur.

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12 Commentaires

Publié par le 22 décembre 2012 dans Non classé

 

12 réponses à “Quand les gouvernements volent l’or (2ème partie)

  1. babeth

    22 décembre 2012 at 13 h 34 min

     
  2. lodela971

    22 décembre 2012 at 13 h 44 min

    Dick Cheney aurait commandité l’assassinat de Rafic Hariri http://www.dailymotion.com/video/xw544n_dick-cheney-aurait-commandite-l-assassinat-de-rafic-hariri_news

    Sur le même sujet
    Dans un entretien à la télévision Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen(New Yorker Journal) a confirmé les informations de son collègue Seymour Hersh sur l’existence d’escadrons de la mort US placés sous la direction exclusive du vice-président Cheney, de 2001 à 2008, et lié à une structure israélienne équivalente.

    Prolongeant ces révélations, Wayne Madsen a déclaré avoir recoupé diverses sources et être en mesure d’affirmer que Dick Cheney avait ordonné l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri (14 février 2005). Cette information surgit quelques semaines après l’installation par l’ONU du Tribunal spécial pour le Liban, principalement chargé de juger ce meurtre.

    L’existence de plans pour assassiner des leaders politiques dans le monde entier a été évoquée par Bob Woodward dans le Washington Post dès janvier 2002. Wayne Madsen avait alors révélé le nom des premières cibles (le leader papou Theys Eluay, le ministre de la Justice du Nigéria Chef Bola Ige, le gouverneur de la province d’Aceh Abdullah Syaffi, et le chef des milices chrétiennes libanaises Elie Hobeika). La stratégie de ces escadrons de la mort avait été précisée un mois et demi plus tard par Thierry Meyssan dans L’Effroyable imposture 1 (chapitre 10). Le réseau logistique ayant préparé l’assassinat de Rafic Hariri a été détaillé dans L’Effroyable imposture 2.

    Source : Réseau Voltaire

     
  3. larevolutionpacifique

    22 décembre 2012 at 15 h 23 min

    A reblogué ceci sur la révolution pacifique blog libre.

     
  4. Clavreul

    22 décembre 2012 at 15 h 40 min

    Les Mayas ont annoncés une ère de lumière, un age nouveau après le 21 décembre 2012. satan et son armée ne vont- ils pas transformer ce nouvel age en ère de ténèbres ? Malgré les moqueries de nos journaleux corrompus et abrutis, j’ai bien l’impression que l’Apocalypse reste d’actualité :
     » Dangereuse escalade militaire : confrontation Russie – Etats- Unis en Syrie ?  » Par le professeur Michel Chossudovsky sur le site Mondialisation.ca.

     
    • Clavreul

      22 décembre 2012 at 15 h 46 min

      Je conseille le visionnage du reportage : Etat de guerre ( CLAP 36 ).

      L’historienne Annie Lacroix Riz à la 22 ème minute :  » Que quelqu’un vienne me démontrer qu’il y est une raison pour qu’il n’y est pas de guerre générale en Europe. Je n’en voie aucune !
      Un troisième conflit mondial à des chances de se produire, et il a des chances de se produire sur le sol Européen. »

       
      • Elle court, elle court, la rumeur ....

        22 décembre 2012 at 17 h 10 min

         
    • Ragnagnar

      22 décembre 2012 at 17 h 34 min

      Et si les Mayas étaient satanistes?
      Nous pourrions, vu de leur fenêtre, entrer dans une ère de lumière, celle de Lucifer leur maitre!
      Les Ténèbres apportées par l’ancien porteur de lumière. ça se tient non?
      Pour le reste, je suis bien d’accord avec vous.

       
    • jozecat

      22 décembre 2012 at 20 h 15 min

      Bonjour CLAVEUL… Vous nous manquiez !

      Je suis convaincue que l’Antéchrist (non sous la forme d’un homme comme certains le pensaient mais d’organisation internationale, commence son « apostolat » (sa période active) maintenant

       
      • Clavreul

        22 décembre 2012 at 22 h 58 min

        Bonsoir Jozecat et merci…

         » Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation alors, il y aura de grands signes dans le ciel ( l’armée d’anges déchus ). Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel. Le ciel et la Terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Les Révélations du Christ par St Mathieu, Evangile 24 du nouveau Testament.

         » Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le fils, mais le Père seul. » Jésus Christ.

        Après qu’Israël sera retourné en Terre promise, ( le gouvernement Israëlien vient de lancer un vaste programme de construction de 5 000 logements supplémentaires en terre d’Israël ), un homme se lévera ( l’antéchrist ) et le monde entier l’adorera et lui rendra culte. Il viendra en paix, apportant un traité de paix de sept ans à Israël, au Moyen Orient et au monde entier. Mais aussitôt, il apportera la mort et partira à la conquête des nations.
        Plus du quart de la population dee la Terre va périr. Ensuite il dominera le monde et se déclarera être Dieu, il fera parler une statut et multipliera les merveilles et la poudre aux yeux( projet blue beam ), il exigera l’adoration. Il imposera la marque de la bête sur le front ou dans la main droite ( la puce RFID ). Il persécutera et tuera tous ceux et celles qui adorent Dieu et la Terre toute entière était dans l’admiration de la bête. Révélation 13:3.

        Et il rendirent hommage au dragon, car ils avaient donnés le pouvoir à la bête, et ils rendirent hommage à la bête. Révélation 13:4.

        Alors il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’ y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’ y en aura jamais et si ces jours – là n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé. Mathieu 24:21-22.

        C’est toujours d’actualité Jozecat.

         
  5. brunoarf

    22 décembre 2012 at 15 h 56 min

    Samedi 22 décembre 2012 :

    En zone euro, les Etats périphériques sont en faillite.

    Dernier exemple en date : l’Etat chypriote ne peut plus payer ses fonctionnaires.

    Cette semaine, le gouvernement s’est tourné vers les organismes semi-publics : l’Autorité des Télécommunications de Chypre, Electricité de Chypre, ainsi que l’Autorité portuaire de Chypre. Le gouvernement a carrément puisé dans les fonds de pension de ces organismes pour payer les fonctionnaires de l’Etat.

    Depuis 2011, Chypre ne peut plus se financer en lançant des emprunts sur les marchés internationaux.

    Si l’Etat obtient enfin un prêt de la Troïka pour recapitaliser les banques chypriotes, la dette publique de Chypre dépassera largement 120 % du PIB en 2013.

    Conclusion : Chypre va devenir le quatrième Etat de la zone euro placé sous perfusion. Reste que les pays européens rechignent à porter secours à un quatrième État membre après la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

    Lisez cet article :

    Toujours pas d’aide pour Chypre, au bord de la faillite.

    Six mois après avoir sollicité le sauvetage financier de l’Union européenne (UE), Chypre est au bord du défaut de paiement.

    L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé vendredi – pour la troisième fois en cinq mois – de deux crans la note souveraine de l’île méditerranéenne, gratifiée d’un « CCC+ ».

    L’incertitude persistante sur le plan de sauvetage du petit État de la zone euro exclu des marchés financiers depuis 2011 rend le risque de défaut «considérable et en hausse», avertit S & P.

    Les ministres de la zone euro auraient dû se mettre d’accord le 13 décembre sur l’assistance à Chypre, dont le secteur bancaire a été très exposé à la dette grecque. Mais les différents bailleurs de la troïka (UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) divergent sur les instruments à employer. «Le niveau de la dette publique de Chypre sera tellement élevé après un prêt qu’il ne sera plus supportable», a déclaré vendredi Jorg Asmussen, l’Allemand membre du directoire de la BCE, qui redoute pour Chypre un scénario à la grecque, en pleine campagne électorale allemande.

    La question d’effacer la dette chypriote «ne se pose pas», a affirmé Jorg Asmussen. Une position confirmée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, le cénacle des ministres des Finances de la zone euro. En attendant, les premiers créanciers à pâtir d’un effacement de la dette publique chypriote seraient les banques du pays, principales détentrices des bons du trésor de la petite République.

    Nicosie doit encore affiner l’évaluation précise de son besoin de financement, estimé jusqu’ici à 17 milliards d’euros, soit un peu plus qu’un an du PIB du pays. Alors que Bruxelles prévoit une dette publique équivalente à 97% du PIB en 2013, la seule recapitalisation des banques chypriotes (10 milliards d’euros) ferait dépasser largement le seuil de 120% du PIB, au-delà duquel le FMI considère la dette publique comme insupportable.

    Répondant aux exigences de ses futurs bailleurs, Chypre vient d’adopter un budget d’austérité. Reste que les pays européens rechignent à porter secours à un quatrième État membre après la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

    Un moyen de soulager le fardeau serait une aide conjointe de Moscou. «Il me paraît important que les Russes soient à bord», plaidait le ministre français Pierre Moscovici le 4 décembre dernier devant l’Eurogroupe. La Russie, dont des capitaux importants sont placés dans le havre fiscal chypriote, n’a pas répondu à la demande de prêt de Nicosie. «Les Russes n’auraient, entre autres raisons, pas apprécié d’être écartés d’un appel d’offres pour la prospection de gaz», décrypte un diplomate européen en poste à Nicosie. Vendredi à Bruxelles, Vladimir Poutine a soufflé le chaud et le froid sur la question.

    Les tractations vont se poursuivre. Jean-Claude Juncker espère avoir «pratiquement fini» de s’occuper de Chypre pour la réunion de l’Eurogroupe du 21 janvier, avant l’élection présidentielle chypriote du 17 février. Le temps presse. L’État chypriote en est déjà réduit à puiser dans des fonds de pension pour payer ses fonctionnaires.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/12/21/20002-20121221ARTFIG00625-toujours-pas-d-aide-pour-chypre-au-bord-de-la-faillite.php