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Emeutes en Angleterre : point de vue d’un lecteur britannique

14 Août

Je crois que la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la perte de toute moralité dans les échelons les plus élevés de la société britannique moderne. Ces deux dernières décennies ont vu une baisse terrifiante des normes de moralité traditionnelle des élites britanniques. Nos politiciens actuels trouvent tout à fait normal de mentir, de tricher et de voler. Rappelons que Tony Blair a entraîné le pays dans une guerre en Irak sur le fondement de mensonges et que des soldats britanniques sont morts sur le fondement de ces mensonges. (Cliquer pour lire la suite.)

Au cours des deux dernières décennies est apparue une culture quasi-universelle de l’égoïsme et de la cupidité. Comment s’étonner alors que les enfants de Tottenham aient oublié, en grandissant, qu’ils avaient des droits et des devoirs ?

Nos politiciens sont mauvais. Durant des années ils se sont voilés la face et ont essentiellement cherché à s’enrichir. Dois-je rappeler que David Cameron, l’actuel Premier ministre britannique, a des voyous dans sa propre équipe, mais ne semble pas en être gêné ? Quelle différence y a t-il entre un jeune délinquant qui vole des ordinateurs et un député qui détourne de l’argent public pour accaparer des ordinateurs portables pour des amis ? Certes, il y a une différence entre la tricherie par évasion fiscale et des vols de délinquants, mais il est choquant d’entendre des politiciens tricheurs réclamer une action draconienne contre des délinquants qui volent.

Le Premier ministre parle de restaurer la morale pour les délinquants sans s’exprimer d’une manière générale, sans dire que cette morale s’applique aussi aux riches et aux puissants, que lui-même fréquentent. La vérité tragique est que D. Cameron, en dissociant la morale entre le sommet du pouvoir et les pauvres, devient vulnérable et perd toute crédibilité.

Gardons en mémoire que beaucoup de nos jeunes ne connaissent rien aux règles élémentaires de la civilité. La culture de la cupidité telle qu’on nous la sert à la télévision depuis des années explique les tristes scènes que nous vivons en Angleterre. Cette culture de la cupidité sévit aussi dans les conseils d’administration de nos sociétés, dans la police, dans les structures de notre monde politique. Ce n’est pas seulement à la jeunesse qu’il faut inculquer la morale, mais c’est l’Angleterre qui a besoin d’une réforme morale. (Source : The Telegraph)

 
19 Commentaires

Publié par le 14 août 2011 dans Non classé

 

19 réponses à “Emeutes en Angleterre : point de vue d’un lecteur britannique

  1. solnis

    14 août 2011 at 11 h 02 min

    Cela fait vraiment plaisir de retrouver l’esprit de LIESI dans ses derniers articles. J’avais fini par croire que LIESI était devenu Picsou.com !!!!!! Certes, se prémunir contre la récession annoncée et sauver son patrimoine c’est primordial. Mais sortir de ce monde pyramidal, égoïste et sans moralité pour laisser place à un monde matrilinéaire ou la constante sera, non plus, un esprit procédurier et l’avidité mais juste l’application de principes de civilité et de respect, c’est essentiel. Il faut aussi redonner la place juste aux jeunes. Leur redonner de l’espoir tout simplement.

     
  2. Mahon

    14 août 2011 at 11 h 11 min

    L’article me parait très juste, très logique. Mais il n’y a pas que cela à prendre en compte. La situation sociale et économique désastreuse va engendrer des heurts ethnique en Europe. Il suffit de prendre l’exemple africain.
    L’analyse ne peut que rester incomplète si nous analysons ces émeutes seulement sous l’angle économique.
    Ceci ne reste que mon humble avis, et j’espère que l’avenir ne me donnera pas raison…..

     
  3. badabam

    14 août 2011 at 11 h 42 min

    c’est comme je le pense… le sommet de la pyramide sensé donner l’ exemple est tellement pourris…… la base suit………….

     
  4. Jacques R

    14 août 2011 at 11 h 50 min

    Merci L.I.E.S.I , très bon article qui , en changeant simplement les noms , pourrait exactement coïncider avec la France en excluant naturellement le mensonge Irakien , mais nous avons le mensonge Libyen pour faire contrepoids .

     
  5. logos

    14 août 2011 at 12 h 38 min

    la même chose en France

     
  6. Lepoilux

    14 août 2011 at 12 h 50 min

    Charles Maurras, dans « Votre bel aujourd’hui », évoquait au sortir de la guerre les biens publics de la France, à l’essentielle sauvegarde.
    Hervé Juvin, dans « Le renversement du monde », évoque à l’aube d’une (possible) nouvelle guerre l’abandon des valeurs qui « font société ».
    Deux auteurs majeurs, de la politique et de l’économie, de sensibilités différentes mais non antagonistes (il me semble) qui éclairent les propos de notre ami héréditaire britannique d’une lueur bien inquiétante.
    Les peuples et nations d’Europe seraient bien inspirés de se souvenir de leurs structures fondamentales telles qu’elles les ont établis et affermis depuis des siècles.

     
    • Jacques R

      14 août 2011 at 14 h 53 min

      Mais vous n´avez pas compris que les politiqcards mondialistes , vendus , comme N S , qui ne parlent que du nouvel ordre mondial , font ABSOLUMENT TOUT pour nous arracher ces structures fondamentales établies depuis des siècles . Ils veulent effacer les états nations qui sont un frein à leurs desseins monstrueux .

       
  7. S10

    14 août 2011 at 12 h 52 min

    Quand David Cameron cassait les vitrines !

    * Publié le : samedi 13 août
    * Mots-clés : curiosité; Grande Bretagne; politique
    * Source : techouva.unblog.fr

    Dans une ville anglaise, une bande de jeunes défonce une vitrine, s’enfuit dans la nuit, et se dirige en courant vers le jardin botanique. La police les suit, en charge quelques uns avec ses fourgonnettes puis les met au trou.

    Le problème c’est que nous ne parlons pas d’un épisode survenu ces jours-ci. Et que les jeunes arrêtés ne sont pas des casseurs sous-prolétaires. Non, l’épisode a lieu il y a 24 ans à Oxford et les 10 jeunes gens étaient tous membres du Bullington Club, une association étudiante oxfordienne de 150 ans d’âge, fameuse pour ses frasques estudiantines, ses cuites et pour considérer la vandalisation de boutiques et restaurants comme le fin du fin de la distraction.

    Restaurateurs, commerçants et dénonciations à la police, tout est remis en ordre avec quelques généreuses indemnisations qu’on va puiser dans les grassouillets portefeuilles paternels. Quelques heures plus tôt, les dix jeunes gaillards s’étaient fait tirer le portrait sur les marches d’un grand escalier, tous en uniforme du club, habit de soirée à 1.000 livres sterling (1.150 euros) pièce. Emergent du groupe un jeune David Cameron et un, tout aussi imberbe, Boris Johnson.

    Il se trouve qu’aujourd’hui Cameron est premier ministre conservateur (britannique NdT) et Johnson maire conservateur du Grand Londres. Et que l’un comme l’autre tonnent contre les vandales qui détruisent les propriétés privées. Que l’un et l’autre invoquent la ligne dure, la main de fer.

    Cameron veut avoir recours à l’armée et censurer les réseaux sociaux ; Johnson veut augmenter les effectifs de police. Sans même la moindre compréhension pour qui ne fait rien d’autre, dans le fond, qu’émuler leur geste d’autrefois.

    Mais évidemment, c’est justement le propre de la mentalité d’un fils à papa de considérer que les autres ne peuvent pas -et ne doivent pas- se permettre ce qu’on lui a permis, à lui, par droit de naissance et d’extraction sociale.

    David Cameron est né en 1966 d’un père agent en bourse et d’une mère fille d’un baronet : l’actuel premier ministre tient à faire savoir qu’il est le descendant illégitime du roi Guillaume IV et de sa maîtresse Dorothée, et qu’il est donc un lointain parent de la reine Elisabeth II. Snob typique, Cameron fut envoyé à sept ans à Heatherdown, école élémentaire fréquentée aussi par les princes Andrew et Edward, école dont l’attitude de classe était sans équivoque : les jours d’excursion, les toilettes portables étaient désignées par « Ladies », « Gentlemen » et « Chauffeurs ».

    Et quand Margaret Thatcher fut élue premier ministre, l’école célébra ça par une partie de cricket improvisée entre élèves contre enseignants. Au lycée, Cameron fut envoyé dans la plus prestigieuse école privée d’Angleterre, Eton (frais annuels de scolarité : 27.000 livres sterling, environ 31.000 euros), le creuset de la classe dominante (Boris Johnson fut aussi son camarade de classe à Eton) : c’est drôle comme en Grande-Bretagne les écoles privées s’appellent public schools.

    Là le vilain garçon Cameron fut surpris en train de se rouler un joint et, en punition, dut recopier 500 lignes de latin. Après Eton, ce fut naturellement l’université à Oxford, et son club, le Bullington. En snob parfait, Cameron a ensuite épousé Samantha Gwendoline Sheffield, dont le père est un baronnet propriétaire terrien, et dont le parrain est vicomte. Samantha Gwendoline travaille dans la célèbre maison de produits de luxe Smyrne de Bond Street et a reçu le prix de Meilleure désigner d’accessoires par le British Glamour Magazine.

    Quand ils se sont rangés de leurs bombes estudiantines, les fils à papa font d’habitude une belle carrière : Boris Johnson devient directeur du Spectator (même si sa carrière trébuche dans ses aventures d’homme à femmes invétéré, bien que marié). Cameron devient directeur des Corporate Affairs chez Carlton Communication, une société de media ensuite absorbée par Granada plc pour former ITV plc.

    Quand, en 2006, Cameron emporte le congrès Tory et devient leader du parti conservateur, il n’a que 38 ans. Et c’est tout naturellement que, dans le gouvernement ombre qu’il forme (le premier ministre à l’époque était Tony Blair), trois des membres sont d’anciens élèves de Eton (Old Etonians).

    Mais dans le groupe de ses collaborateurs les plus proches, 15 au moins sont des Old Etonians. Et il en va de même quand, en mai 2010, Cameron gagne (à moitié) les élections et devient premier ministre à la tête d’une coalition avec les néo-libéraux conduits par Nick Clegg : ici aussi le noyau dur du gouvernement est constitué d’aristocrates, d’etonians ou oxfordians, comme l’actuel Chancelier de l’Echiquier (c’est-à-dire ministre de l’économie) George Gideon Osborne, lui aussi noble, héritier de la baronnie Osborne, lui aussi diplômé d’Oxford, et lui aussi, ça alors, ancien membre du Club Bullington.

     
  8. Observeur

    14 août 2011 at 15 h 48 min

     
    • Observeur

      14 août 2011 at 15 h 51 min

      1) Sebastian Grigg, (2) David Cameron, (3) Ralph Perry-Robinson, (4) Ewen Fergusson, (5) Matthew Benson, (6) Sebastian James, (7) Jonathan Ford, (8) Boris Johnson, (9) Harry Eastwood

       
  9. solnis

    14 août 2011 at 16 h 55 min

    Dans l’article paru sur le site « Le grand soir » sur David Cameron, un détail me gêne : « la police suit les casseurs sur leurs téléphones portables » mais il y a 24 ans, ils n’existaient pas !

     
    • Phil44

      14 août 2011 at 17 h 20 min

      je suis d’accord avec toi « Solnis » je viens de lire l’article et ce point m’a choqué. INFO ou INTOX
      il est vrai qu’il est difficile de s’y retrouver.

       
  10. lumiereunique

    14 août 2011 at 20 h 29 min

    Je suis entièrement d’accord avec ce texte. En France les élus sont tous menteurs (plus de 90 %), sans foi, ni loi et ne pensent qu’à leur place, sans parler des voleurs et escrocs en tout genre qui pullulent. Quant aux banquiers et autres financiers … sans commentaire, des ordures.
    L’adage alchimique s’applique ici : « en haut comme en bas »

     
    • Jacques R

      15 août 2011 at 7 h 34 min

      Vous en oubliez , et de plus belles .
      Pourquoi ne pas aller sur GOOGLE et taper :

      Boîte à Pandore « Je n’aime personne, je n’aime que la justice »

      Assez long à lire mais à faire dresser les cheveux sur la tête . On sursaute vraiment en lisant le numéro 12 , enfin , moi j´ai sursauté ..

       
  11. clavreul

    14 août 2011 at 22 h 28 min

    le pouvoir Francais s’attend à un futur difficile, Francois Fillon vient d’autoriser aux forces de l’ordre à tirer sur les manifestants à balle réelle. Décret du 1 er juillet 2011.

     
  12. sarroub

    15 août 2011 at 12 h 44 min

    Ce point de vu peut s’appliquer à n’importe quel pays ‘démocratique’ – à commencer par les USA. Les ‘insurgés’ du monde entier demande un retour à la normale et dénoncent la NOMENKLATURA au pouvoir et tout ce qui gravite autour.

    Vous nous trouvez pas qu’on a l’impression de revenir, depuis l’effondrement du ‘mur de Berlin’ au défunt système de l’ URSS ?…

    Des ‘intouchables’ à la poigne d’acier dans un gant de velours disposant de tout un système de ‘répression’ dont ils usent et en abusent. Gare à celui qui s’attire la foudre!..

     
  13. Jacques R

    15 août 2011 at 13 h 57 min

    Sarroub

    Toutà fait vrai mais Gorbatchov le disait il y a déjè au moins vingt ans :

     » Le développement le plus curieux dans la vie politique , au cours de la dernière décennie , est
    l’apparente détermination de l´Europe de l´Ouest de vouloir recréer l´Union Soviétique
    en Europe .
    Mikahil Gorbatchov « 

     
  14. Observeur

    15 août 2011 at 16 h 58 min

    And the winner is…

    Le déploiement de renforts de police, et souvent une forte pluie, ont apaisé l’atmosphère à Londres ce 11 août. Les incidents des nuits précédentes ont tout de même épuisé les services de police et de secours dans la ville qui accueillera les prochains Jeux olympiques.

    Dessin de Vadot