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De 1914 à 2011… un point commun : JP Morgan est toujours à l’oeuvre

15 Juin

Dans l’affaire DSK sur laquelle le numéro 232 de LIESI (qui sera posté ce soir) revient et décortique, il y a souvent référence à la banque des Rockefeller : la JPMorgan, ainsi qu’à la guerre monétaire qui se joue actuellement et dont la Grèce est l’épicentre.

Il est donc important de donner maintenant une suite à cet article, publié il y a quelques semaines : Le scénario de la Première Guerre mondiale est en train de se reproduire – Quand les grandes puissances provoquent des guerres pour éviter la faillite.

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En octobre 1914, le Ministère britannique de la guerre envoya un représentant dans la neutre Amérique pour arranger des achats de matériels militaires et autres. En janvier 1915, quatre mois après le début de la Grande Guerre, le gouvernement britannique avait nommé une maison bancaire privée de New York, la MORGAN & CO, comme son seul adjudicataire munitionnaire pour tous ses achats militaires en Amérique. Cette banque devint le seul agent financier de la Grande-Bretagne. Londres devint aussi le garant aux Etats-Unis « pour les achats des Russes, des Italiens et des Français ». L’ensemble de ce fardeau financier avait pratiquement mis en faillite la finance britannique, et le rôle de Morgan et de la communauté financière de New York fut d’une importance suprême pour les pays de l’Entente.

L’achat de toutes les munitions, de toutes les céréales et autres produits d’une nécessité vitale, était donc coordonné par la banque privée Morgan, par l’intermédiaire de sa filiale londonienne Morgan Grenfell & Co, dont le partenaire E.C. Grenfell était directeur de la Banque d’Angleterre et proche ami du chancelier de l’Echiquier Lloyd George. La branche parisienne de Morgan, Morgan Harjes et Cie, bouclait ce cercle essentiel de la finance inter­nationale. Morgan, adjudicataire munitionnaire de l’Entente, devint l’arbitre qui décidait quelles firmes américaines obtiendraient ou non les contrats de guerre pour fournir les principaux pays européens dans leur guerre contre l’Allemagne. Des sociétés comme la Du Pont De Nemours se transformèrent en géants pendant cette période. Les fabricants de fusils Remington et Winchester avaient la faveur de Morgan. On assista à l’époque à la création de grandes sociétés de commerce de céréa­les dans le Midwest pour nourrir les clients européens de Morgan. Cette banque se trouvait donc dans une position sans précédent. D’autant plus que le président américain,  Woodrow Wilson, professait à l’époque une stricte neutralité. Cette neutralité était purement verbale, puisque des milliards de dollars de fournitures militaires vitales et de crédits alimentèrent les Britan­niques dans les années suivantes. Rien qu’à titre d’adjudicataire munitionnaire, Morgan prit 2 % de commission sur les prix nets de tous les biens ex­pédiés. Bien évidemment, tout ceci violait le droit international sur la neutralité, suivant lequel les belligérants n’avaient pas le droit d’établir des bases d’ap­provisionnements dans un pays neutre. Lors d’une enquête sénatoriale, la banque Morgan fut ensuite accusée d’avoir réalisé des profits excessifs et d’avoir préférentiellement commandé les achats auprès de sociétés liées aux parte­naires de Morgan. Dès 1917, le Ministère de la guerre britannique avait passé des commandes d’achat dépassant 20 milliards de dollars par l’intermédiaire de la Maison Morgan. Ce chiffre ne tient même pas compte des prêts directs contrac­tés par la Grande-Bretagne, la France,… auprès de Morgan et des CERCLES FINANCIERS DE NEW YORK.

En conséquence de ce contrôle inhabituel sur le crédit et l’industrie pendant la guerre, la communauté bancaire de New York, en particulier le groupe dominé par les banques Morgan et Rockefeller, deviendra DICTATEUR DU CREDIT MONDIAL après la guerre.

En 1915, le secrétaire au Trésor, Mc Adoo, convainquit le président Wilson, inquiet, que de tels prêts privés étaient nécessaires pour maintenir les exportations américaines. Entre 1913 et 1915, les exportations américaines vers la Grande-Bretagne s’étaient accrues de 68 %. A la veille de l’entrée en guerre des Etats-Unis, en 1917, les puissances de l’Entente avaient obtenu 1 milliard 250 millions de dollars grâce aux efforts privés de Morgan, de la Citibank et des grandes mai­sons new-yorkaises qui contrôlaient la banque de la Réserve Fédérale à New York. En janvier 1917, alors que la Russie était prête à succomber d’épuisement, que la France était au bord de la faillite, et que la Livre sterling ne tenait plus qu’à un fil, Morgan et la communauté financière de New York, avec l’aide du renseignement britannique, voyant qu’aucune autre solution ne suffirait, mobilisaient afin que l’Amérique intervint dans la guerre européenne contre l’Allemagne. Sans cela, Morgan & Co et la Grande-Bretagne auraient fait face à une ruine financière totale au début de 1917. Heureusement pour Morgan et Londres, le général Erich Ludendorff leur a fourni l’occasion d’éviter la ruine financière. Ce, en février 1917,  lorsque l’Allemagne déclara la guerre sous-marine sans limite. Est-il utile de rappeler au lecteur que, quelques années plus tard, Hitler  arrivera au pouvoir grâce aux fonds de ces mêmes financiers internationaux ?

Une fois que les Etats-Unis eurent déclaré la guerre à l’Allemagne, le 2 avril 1917, la communauté financière de New York, avec le soutien essentiel du gouverneur de la Réserve Fédérale de New York, Benjamin Strong, lancèrent l’o­pération financière la plus ambitieuse de l’histoire humaine. Si le 23 décembre 1913, Wilson n’avait pas donné au système de la Réserve fédérale force de loi, A LA DEMANDE DE MORGAN, on peut sérieusement se demander si les Etats-Unis se seraient JAMAIS ENGAGES comme ils l’ont fait, dans la guerre en Europe, ou peut-être même si les Britanniques auraient eu l’audace de s’en prendre aux empires du continent, en août 1914. A partir de 1917, la Réserve Fédérale organisa les prêts et les obligations de la Liberté pour financer les coûts militaires du Trésor américain. Le 30 juin 1919, les bons du Trésor américain, vendus à travers les services d’investis­sement new-yorkais de Morgan, s’élevaient à plus de 21 milliards 478 millions. Dans ces affaire, Morgan prit des commissions confortables. En 1920, le partenaire de Morgan, W. Lamont, tira une conclusion « satisfaisante » pour les banquiers du « bloc de commandement de l’Ouest » : au cours de quatre années de guerre et de dévasta­tion, « non seulement les dettes nationales du monde entier se sont accrues de 475 %, mais la variété d’obligations gouvernementales et le nombre d’investisseurs se sont grandement multipliés ». Il ajouta encore : « Ces résultats sont apparus manifestement sur tous les marchés d’investis­sement mondiaux, mais peut-être nulle part plus qu’aux Etats Unis ». En 1919, toute la richesse nationale de la Grande-Bretagne était d’en­viron de 120 milliards de dollars.

Les termes imposés par les vainqueurs sur les empires centraux battus, en particulier sur l’Allemagne, dépassent toutes les bornes de la raison. Après cinq ans de boucherie et de destruction, aussi bien l’Angleterre que les puissances d’Europe continentales étaient des champs de ruine en faillite, mais Wall Street et Morgan n’hésitèrent pas une seconde à tirer parti de l’occasion. Les hommes de Morgan et notamment Lamont, ainsi qu’un jeune homme de Morgan à Wall Steeet, Bernard Baruch, s’assirent à la table du très important Comité sur les réparations de guerre du Congrès de Versailles, avec l’intention de préparer l’addition pour la guerre. Ils le firent sans la moindre retenue.

Bien entendu, ces banquiers conservateurs de Wall Street et leurs homologues de Londres et Paris n’avaient nullement l’intention de faire une croix sur les prêts de la guerre. En 1922, un jeune avocat de Wall Street ayant participé aux négociations de Versailles expliqua l’opi­nion de Morgan et Cie dans la nouvelle revue de Morgan : Foreign Affairs (cette revue est toujours d’actualité pour les adeptes de la Trilatérale). C’était d’une simplicité toute brutale : « Il ne peut y avoir de guerre sans pertes. Les pertes se mesurent par la dette. La dette prend diverses formes et est généralement constituée d’obligations et de bons ». Il avait été calculé que l’Angleterre, la France et leurs alliés devaient 12,5 milliards de dollars à un taux d’intérêt de 5 %. D’un autre côté, la Commission des réparations de Versailles avait jugé que l’Allemagne devait à l’Angleterre, à la France et aux autres pays de l’Entente, la somme de 33 milliards de dollars. Morgan et le consortium bancaire international de New York exigeaient fermement que ces sommes fussent payées, jusqu’au dernier cent.

Aujourd’hui, ne parle t-on pas encore de DETTES non pas cette fois comme la conséquence de la GUERRE mais comme la conséquence d’une mondialisation orchestrée par des pieuvres comme JP Morgan et mise en oeuvre, de force (contre les rédérendums populaires) par les politiciens aux ordres des puissants.

Il faut bien comprendre qu’il y a une VOLONTE POLITIQUE EUROPEENNE de couler la Grèce. Et après cela, les dominos bancaires tomberont les uns après les autres. Que font les banquiers internationaux aujourd’hui ? Ils n’ont PAS UNE SEULE LIGNE D’ACTIONS OU D’OBLIGATIONSque des METAUX PRECIEUX. Ils orchestrent le festival de Kahn pour engager une autre saynette de l’Histoire. Ils veulent aller contre les commandements de Dieu avec ce scandale ignoble du débat sur les homosexuels en France. Ils sont en train de tout détruire car l’heure présente est aussi celle de leur fin. Et c’est là que l’on voit que cette race de vipères a une mystique car aucun homme n’est enclin à faire le mal gratuitement.

Ce qu’ils vont organiser dans les prochains mois, c’est UNE ENORME CRISE ECONOMIQUE et UNE CRISE ALIMENTAIRE. Nous l’aborderons dans le numéro 233 de LIESI.


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6 Commentaires

Publié par le 15 juin 2011 dans Non classé

 

6 réponses à “De 1914 à 2011… un point commun : JP Morgan est toujours à l’oeuvre

  1. ludo

    15 juin 2011 at 10 h 49 min

    A propos de JP Morgan, je recommande de lire le livre de Gillian Tett, l’Or des fous, qui raconte l’invention par cette même JP Morgan des Credit default swap. Livre sorti récemment en France et comme par hasard, assez difficile à trouver.

     
  2. Raphaël

    15 juin 2011 at 13 h 57 min

    il est possible de le commander directement sur le site de l’éditeur :
    http://www.lejardindeslivres.fr/ordesfous.htm

     
  3. tarci

    16 juin 2011 at 11 h 29 min

    Il y a une autre raison de l’engagement des USA à la guerre :

    voir le discours de Freedman en 1961….

    http://www.iamthewitness.com/audio/Benjamin.H.Freedman/1961.Discours.Hotel.Willard.htm

    elle permet de mieux comprendre pourquoi les Allemands détestèrent à juste titre les Juifs.

     
  4. EDITIONS LE JARDIN DES LIVRES

    20 juin 2011 at 14 h 13 min

    Nouveauté

    ed. Le Jardin des Livres

    « L’or des fous »

    de GILLIAN TETT

    Le bestseller de la journaliste

    du Financial Times

    Au milieu des années 90, au bord d’une luxueuse plage de Floride, un petit groupe de jeunes banquiers diplômés en économie ou en mathématiques de la JP Morgan (parmi lesquels la jeune anglaise Blythe Masters) se réunit pour inventer de nouveaux produits financiers basés sur les crédits dérivés. Au cours de ce séminaire sera inventé le Crédit Défault Swap (permutation de l’impayé), aussi « révolutionnaire » que destructeur, et qui permettra aux banques de prêter de l’argent à l’infini pendant 15 ans sans se soucier du risque d’impayés.

    Dans cet ouvrage incroyablement visionnaire, Gillian Tett, la journaliste vedette du Financial Times, raconte pas à pas l’enchaînement des événements tels qu’ils ont été vécus en interne au sein de la JP MORGAN depuis l’invention des Crédits Default Swaps en 1994 jusqu’à l’effondrement de Wall Street le 29 septembre 2008 qui se soldera par des faillites bancaires à la chaîne. Un livre littéralement proche d’un thriller, qui nous montre comment la cupidité des banquiers a scié la branche sur laquelle ils étaient tranquillement assis.

    « Un livre parfaitement lisible…très bien documenté sur la façon dont les banquiers d’investissement ont inventé, promu et profité des produits financiers qui ont été au coeur même de l’effondrement financier ». Vince Cable DAILY TELEGRAPH.

    « Le fait que Gillian Tett soit capable de publier des conversations aussi privées est une preuve de ses formidables capacités de journaliste ».Dominic Lawson SUNDAY TIMES

    « Un vrai travail de détective…, Tett lève le voile sur le mode fermé de la finance qui n’a de comptes à rendre à personne ».Will Hutton, THE GUARDIAN

    « Gillian Tett est une visionnaire doublée d’un génie : de toute la presse économique, elle a été la seule, de part et d’autre de l’Atlantique à identifier le rôle joué par la JP MORGAN et Blythe Masters dans le déclenchement de la plus grande crise économique de l’histoire » Pierre Jovanovic, RADIO ICI ET MAINTENANT

    « Gillian Tett nous décrit un système bloqué par une grave erreur, émanant d’une élite de traders qui ont été capables de repousser toute forme de surveillance et de contrôle ».Stephen Foley, THE INDEPENDENT

    Contact Interviews : Mary Guillard

    Téléphone : 01 44 09 08 78 pressejdl@gmail.com

     
  5. Martine Barbet

    11 novembre 2011 at 13 h 54 min

    A lire le 11;11. 2011…

     
 
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