RSS

Le forage GOLD de la Méditerranée

04 Mai

Que cache la couche de sel dans le Golfe du Lion ? Des chercheurs tentent de percer le mystère, sous le regard attentif des compagnies pétrolières, dont les appétits ont été aiguisés par de récentes découvertes de gisements de gaz au large d’Israël.
En 2010, deux gigantesques gisements gaziers, dont le plus important découvert en eau profonde ces dix dernières années, ont été mis au jour au large d’Israël et plusieurs forages sous le sel dans l’est de la Méditerranée ont démontré la présence d’hydrocarbures gazeux et liquides.

« Les découvertes en Méditerranée orientale attirent les compagnies et forcément elles regardent le grand domaine vierge de découvertes qu’est la Méditerranée occidentale », explique François Roure, expert à l’Institut français du pétrole (IFP). « Mais on n’en est pas du tout à ce stade de connaissances en Méditerranée occidentale. On a une couverture de sel qui cache tout ce qu’on a en-dessous », rappelle-t-il. Une épaisseur de sel engendrée par un événement unique dans l’histoire de la géologie: l’assèchement il y a plusieurs milliers d’années de la Méditerranée à la suite de la quasi-fermeture du détroit de Gibraltar provoquée par la poussée de la plaque tectonique africaine.

Maintenant, les scientifiques veulent savoir ce qu’il y a sous cette couche, pouvant atteindre plusieurs kilomètres d’épaisseur. Un projet international de recherche baptisé « Gold », prévoit d’ici 2015 de forer au large de Toulon pour la première fois sous 2.400 m d’eau et près de 8 km de roches. « Notre objectif est de forer tous les sédiments accumulés au fond du Golfe du Lion pour retracer l’histoire de la Méditerranée », souligne Marina Rabineau, chercheuse au CNRS et coordinatrice française du projet. Il y aurait de l’avis des scientifiques un incroyable potentiel en hydrocarbures pour les compagnies pétrolières, reconnaît-elle, d’autant que le sel est une très bonne couverture imperméable, une condition favorable au stockage de gaz ou de pétrole.

Signe de cet intérêt pour les tréfonds du Golfe du Lion, plusieurs compagnies pétrolières dont Total (France), Petrobras (Brésil), Statoil (Norvège) et la Sonatrach (Algérie), ont participé en octobre 2010 à un colloque à Banyuls-sur-mer (Pyrénées-orientales) sur le projet Gold.  Il y a un intérêt croisé. « Ce type de forage, qui a besoin de financement industriel, peut apporter des informations aux compagnies », explique un expert pétrolier.
« D’autant que les grands groupes pétroliers maîtrisent désormais les techniques de forages ultra-profonds ». Fin 2010, Petrobras a lancé la production de 14.000 barils/jour au large du Brésil, réussissant à forer sous 5.000 mètres d’eau et 2.000 mètres de sel.
Parallèlement, le géant pétrolier américain Noble Energy, impliqué dans la découverte des gisements gaziers d’Israël, s’est récemment associé à une société britannique de prospection, titulaire d’un vaste permis de recherche dans le Golfe du Lion.

Souhaitons que si un tel projet vient à se concrétiser, nous n’aboutissions pas à une autre catastrophe…

 
2 Commentaires

Publié par le 4 mai 2011 dans Non classé