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Des confidences de N. Sarkozy qui en disent long sur son allégeance aux gros financiers

30 Avr

L’affaire est entendue : Nicolas Sarkozy est proche des milieux d’affaires. Ses rapports avec le financier Vincent Bolloré ont fait couler suffisamment d’encre. Celles que le président entretient avec le financier belge Albert Frère sont plus discrètes, mais non moins chaleureuses. Et qui dit Albert Frère, dit Paul Desmarais, son « associé en finances » québécois. Le 16 février, en fin d’après-midi, Paul Desmarais a reçu des mains de Nicolas Sarkozy la dignité suprême de grand’croix de la Légion d’honneur. En présence d’invités de marque.

« Honneur et patrie ». C’est la devise de la Légion d’honneur instituée par Napoléon Ier au début du XIXème siècle. Aujourd’hui, et contrairement à une idée reçue, on ne demande pas à devenir « légionnaire ». C’est toujours un ministre qui propose les nominations, sur la base des informations que ses services lui ont fait remonter. S’ensuit un complexe processus de sélection au terme duquel les propositions recevables sont adressées par la Grande chancellerie de l’Ordre au président de la République, qui décide souverainement de qui sera effectivement décoré ou promu. La dignité de grand’ croix est la plus élevée des cinq que compte l’ordre légionnaire. Le Code de la Légion d’honneur fixe le nombre maximal de grand’ croix à 75. Fin 2000, on en comptait 60. En outre, pas plus de 8 grand’ croix peuvent être promus chaque année, dont 2 étrangers seulement. C’est dire s’il s’agit d’une marque d’estime du président français envers l’homme d’affaires canadien Paul Desmarais, patron du holding Power Corp d’un côté de l’Atlantique, et co-actionnaire avec Albert Frère de Groupe Bruxelles Lambert (GBL) de l’autre. GBL gère principalement des participations dans des groupes cotés en France (Total, Suez, Lafarge, Imerys, Pernod-Ricard…).

Le président peut déléguer la remise de la distinction ou y procéder lui-même. C’est cette deuxième option qu’il a choisie dans le cas de Paul Desmarais, qui a été décoré de la croix enrubannée et de la plaque réglementaire dans le grand salon de l’Elysée. Le Premier ministre de la province canadienne de Québec, Jean Charest, était également présent. Ainsi que le fils de Paul senior, André, mais également Paul Desmarais junior, sa soeur, des petits-enfants…

Voilà pour le côté canadien. Car parmi les invités se trouvaient également les plus grandes fortunes françaises : Bernard Arnault (LVMH), Martin Bouygues, Serge Dassault, Claude Bébéar (AXA)… Et un autre francophone : le baron belge Albert Frère, associé de Paul Desmarais qui, comme lui, faisait partie des invités au fameux « dîner du Fouquet’s».

Nicolas Sarkozy a rendu un hommage appuyé à Paul Desmarais, qu’il a tutoyé lors du discours accompagnant la cérémonie : « ton nom, cher Paul, est associé au récit prodigieux d’une ascension prodigieuse et à maints égards, unique au monde : comment tu es parti de ta petite ville de l’Ontario pour arriver à bâtir un empire industriel et financier. Comment, à 24 ans, tu as commencé par acheter une compagnie d’autobus en faillite, pour un dollar – et un dollar canadien en plus ! Par la suite, tu as poursuivi cette ascension avec une devise simple : le plus grand risque d’une vie c’est de n’en prendre aucun ».
Et ce n’est pas tout : « Si je suis aujourd’hui président de la République » a indiqué Sarkozy, « je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. 1995 n’était pas une année faste pour moi [puisque Edouard Balladur, soutenu par Nicolas Sarkozy, avait été battu, NDLR]. Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt et il me disait : Il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi ». Voilà qui est clair !

Le président français a poursuivi : « Preuve, cher Paul, que tu n’es pas Français, car il n’y avait plus un Français qui pensait ça. Nous avons passé 10 jours ensemble, au cours desquels tu m’as redonné confiance à tel point que, maintenant, je me considère comme l’un des vôtres. Et, sans vouloir inquiéter tes enfants, je peux dire que je me sens un membre de la famille – l’héritage en moins bien entendu ».

Le journaliste de La Presse rapporte également comment Paul Desmarais raconte sa rencontre avec le futur président français : « On m’a présenté cet homme politique encore tout jeune, et j’ai trouvé en lui une énergie formidable et une force de conviction telle que je me suis dit : c’est quelqu’un qui serait bien pour la France », a confié le patron de Power Corp.

Extraits des BREVES DE LIESI – 2008 – Performance Bourse.

 
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Publié par le 30 avril 2011 dans Non classé

 

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