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Syrie : la guerre de la désinformation de l’Occident répond à des intérêts géostratégiques

25 août

Pour le Dr. Guenter Meyer, un expert du Moyen Orient à l’université de Mainz, il est aujourd’hui « évident » que les rebelles « étaient responsables du massacre de Houla », d’il y a quelques semaines. Assad l’avait décrit comme un exemple de « marketing de massacre, ce qui signifie que les rebelles tuent délibérément autant de gens que possible afin d’inciter l’opinion publique à l’échelle mondiale à encourager une invasion en Sy­rie depuis l’étranger et de faire tomber Bachar al-Assad ».

Au début, explique Meyer, le gouvernement avait effectivement tué des protestataires pacifiques, mais la situation a complète­ment changé depuis lors. Les gouvernements occidentaux, les Etats du Golfe, la Turquie et une bonne partie de l’opposition ne cherchent pas la paix, mais le renversement d’Assad. Pour cela, une intervention militaire étrangère est nécessaire.

Par ailleurs, la guerre de l’information dont est victime l’opi­nion internationale au sujet de la Syrie a été exposée par Aisling Byrne, la coordinatrice des projets au Conflicts Forum de Bey­routh. Dans l’Asia Times du 12 juillet, elle écrivait que le conflit est intentionnellement présenté comme « une simple lutte pour les droits de l’homme et la démocratie » afin de couvrir des motifs géostratégiques.

Non seulement les insurgés  reçoivent des armes et un entraî­nement au combat de la part des pays occidentaux, de l’Arabie saoudite et du Qatar, note-t-elle, mais aussi de l’entraînement et de l’équipement en matière de guerre psychologique, qui sert alors de base aux « nouvelles du front » fournies par l’Observa­toire syrien des droits de l’homme qui siège… à Londres.

A cet égard, il a été désormais confirmé qu’un autre prétendu massacre près de Homs était en réalité une bataille rangée en­tre insurgés armés et des forces du gouvernement, au cours de laquelle une centaine de combattants ont été tués. L’Observatoi­re syrien affirmait d’abord que l’Armée syrienne avait massacré 250 civils innocents et non armés.

Pour les victimes de cette guerre de l’information en Europe et aux Etats-Unis, qui refusent de croire que tant de compte-rendus dans les médias et en provenance des autorités se résument à de la désinformation, il est utile de se rappeler les « arguments » invoqués pour lancer la guerre en Irak et plus récemment en Libye (armes de destruction massive, violations des droits humains, terrorisme international, etc.), et qui se sont avérés des mensonges.

Autre signe funeste : des respon­sables américains prétendent maintenant que Damas a com­mencé à sortir une partie de son arsenal d’armes chimiques des entrepôts, en laissant entendre que le régime veut les déployer contre la population.

En outre, la Croix rouge vient de déclarer que le conflit est désormais une « guerre civile », ce qui veut dire que le droit humanitaire in­ternational s’applique dans tout le pays, et sera invoqué pour justifier des poursuites pour crimes de guerre. (Source : EIR)

Même le Sunday Express de Londres notait le 22 juillet que d’anciens agents des Forces spéciales du SAS forment les rebelles syriens en Irak « aux tactiques militaires, au maniement d’armes et aux systèmes de communication », tandis qu’ »un programme de commandement est mené en Arabie Saoudite ».

 
22 Commentaires

Publié par le 25 août 2012 dans Non classé

 

22 réponses à “Syrie : la guerre de la désinformation de l’Occident répond à des intérêts géostratégiques

  1. Nenuphar

    25 août 2012 at 15 h 29 min

    Moi je dis simplement que les sionistes incarnés par les néo cons us et européens, tous aux commandes de ces pays et donc agissant plus dans l’intérêt de l’entité, se sont associés avec l »Arabie Saoudite et le nain Qatar afin de mettre au pas les populations des pays prétendument sous dictature et les amener à plus de docilité envers l’entité.

    A cet effet, on peut remarquer que seuls des pays récalcitrants ont été brisés par ces prétendus révoltes fabriquées dans des studios et servis par Al Khenzira au monde incrédule mais malléable à souhait par la désinformation.

    L’Arabie Saoudite, le Qatar et leurs sponsors ne s’en sortiront pas indemnes de ces révoltes montées de toutes pièces. Les premiers par leur trahison et leur acoquinage croient ainsi pouvoir échapper à leur tour au modelage du grand moyen orient, les seconds par leurs soutiens à des combattants, sans foi ni loi, auront un retour de manivelle des plus cinglant, ayant jouer avec le feu, ils l’auront chez eux.

     
    • Ribouldingue

      25 août 2012 at 17 h 24 min

      Les pays qui ont été attaqués sont ceux dont le gouvernement fait montre d’un fort sentiment national.
      Supprimer l’idée de nation disaient-ils ?

       
    • silbershark110neverdie

      29 août 2012 at 11 h 20 min

      L’arabie saoudite est en faite l’arabie yahoudite car le gros roitelet est issue d’une tribu de « bédouin-crétin juif, lui et le gros roitelet du qatar n’ont rien avoir avec l’islam comme les wahabis d’ailleur qui sont tous des sionistes,
      l’habit ne fait pas le moine.

       
  2. lodela971

    25 août 2012 at 15 h 52 min

    Entretien avec M.Jean-Michel Vernochet, au sujet de la rencontre entre François Hollande et Lakhdar Brahimi. http://french.irib.ir/analyses/interview/item/208421-jean-michel-vernochet

     
  3. Johan Livernette

    25 août 2012 at 16 h 01 min

    Voici un intéressant article écrit par Alain Chouet (ex-dirigeant de la DGSE) le 3 août 2012 :

    Les pires conjectures formulées au premier semestre 2011 concernant les mouvements de révolte arabes deviennent aujourd‘hui réalité. Je les avais largement exposées dans divers ouvrages et revues à contre-courant d‘une opinion occidentale généralement enthousiaste et surtout naïve. Car il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d‘opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d‘un Internet auquel n‘a accès qu‘une infime minorité de privilégiés de ces sociétés.

    L’ « hiver islamiste »

    Une fois passé le bouillonnement libertaire et l‘agitation des adeptes de Facebook, il a bien fallu se rendre à l‘évidence. Le pouvoir est tombé dans les mains des seules forces politiques structurées qui avaient survécu aux dictatures nationalistes parce que soutenues financièrement par les pétromonarchies théocratiques dont elles partagent les valeurs et politiquement par les Occidentaux parce qu‘elles constituaient un bouclier contre l‘influence du bloc de l‘Est : les forces religieuses fondamentalistes. Et le « printemps arabe » n‘a mis que six mois à se transformer en « hiver islamiste ».

    Un double langage

    En Tunisie et en Égypte, les partis islamistes, Frères Musulmans et extrémistes salafistes se partagent de confortables majorités dans les Parlements issus des révoltes populaires. Ils cogèrent la situation avec les commandements militaires dont ils sont bien contraints de respecter le rôle d‘acteurs économiques dominants mais s‘éloignent insidieusement des revendications populaires qui les ont amenés au pouvoir. Constants dans leur pratique du double langage, ils font exactement le contraire de ce qu‘ils proclament. En, Égypte, après avoir affirmé sur la Place Tahrir au printemps 2011 qu‘ils n‘aspiraient nullement au pouvoir, ils revendiquent aujourd‘hui la Présidence de la République, la majorité parlementaire et l‘intégralité du pouvoir politique.

    En Tunisie, et après avoir officiellement renoncé à inclure la chari‘a dans la Constitution, ils organisent dans les provinces et les villes de moyenne importance, loin de l‘attention des médias occidentaux, des comités de vigilance religieux pour faire appliquer des règlements inspirés de la chari‘a. Ce mouvement gagne progressivement les villes de plus grande importance et même les capitales où se multiplient les mesures d‘interdiction en tous genres, la censure des spectacles et de la presse, la mise sous le boisseau des libertés fondamentales et, bien sûr, des droits des femmes et des minorités non sunnites.

    La piste de l’argent…

    Et ces forces politiques réactionnaires n‘ont rien à craindre des prochaines échéances électorales. Largement financées par l‘Arabie et le Qatar pour lesquels elles constituent un gage de soumission dans le monde arabe, elles ont tous les moyens d‘acheter les consciences et de se constituer la clientèle qui perpétuera leur domination face à un paysage politique démocratique morcelé, sans moyens, dont il sera facile de dénoncer l‘inspiration étrangère et donc impie.

    La Libye et le Yémen ont sombré dans la confusion. Après que les forces de l‘OTAN, outrepassant largement le mandat qui leur avait été confié par l‘ONU, ont détruit le régime du peu recommandable colonel Kadhafi, le pays se retrouve livré aux appétits de bandes et tribus rivales bien décidées à défendre par les armes leur pré carré local et leur accès à la rente. L‘éphémère « Conseil national de transition » porté aux nues par l‘ineffable Bernard-Henri Lévy est en train de se dissoudre sous les coups de boutoir de chefs de gangs islamistes, dont plusieurs anciens adeptes d‘Al-Qaïda, soutenus et financés par le Qatar qui entend bien avoir son mot à dire dans tout règlement de la question et prendre sa part dans l‘exploitation des ressources du pays en hydrocarbures.

    Au Yémen, le départ sans gloire du président Ali Abdallah Saleh rouvre la porte aux forces centrifuges qui n‘ont pas cessées d‘agiter ce pays dont l‘unité proclamée en 1990 entre le nord et le sud n‘a jamais été bien digérée, surtout par l‘Arabie Séoudite qui s‘inquiétait des foucades de ce turbulent voisin et n‘a eu de cesse d‘y alimenter la subversion fondamentaliste. Aujourd‘hui, les chefs de tribus sunnites du sud et de l‘est du pays, dont certains se réclament d‘Al-Qaïda et tous du salafisme, entretiennent un désordre sans fin aux portes de la capitale, Sana‘a, fief d‘une classe politique traditionnelle zaydite – branche dissidente du chi‘isme – insupportable pour la légitimité de la famille séoudienne.

    Seul le régime syrien résiste à ce mouvement généralisé d‘islamisation au prix d‘une incompréhension généralisée et de l‘opprobre internationales

    Avant de développer ce sujet, je crois devoir faire une mise au point puisque d‘aucuns croient déceler dans mes propos et prises de positions des relents d‘extrême droite et de complaisance pour les dictatures.

    Je me rends régulièrement en Syrie depuis 45 ans et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître que certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours.

    Mes activités m‘ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J‘ai pu constater qu‘ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n‘est pas qu‘ils ont une conception différente des droits de l‘homme de la nôtre. C‘est qu‘ils n‘ont aucune conception des droits de l‘homme…

    Un héritage historique

    Leur histoire explique en grande partie cette absence. D‘abord, ils puisent leur manière d‘être dans quatre siècle d‘occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l‘écorchage vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l‘indépendance du pays, conseillés techniquement par d‘anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu‘au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu‘en 1990. Tout ceci n‘a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain.

    Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c‘est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n‘est pas la dictature d‘un homme seul, ni même d‘une famille, comme l‘étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n‘est que la partie visible d‘un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d‘Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d‘une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l‘Occident semble encourager et promouvoir dans la région.

    Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles.

    Alaouites : des apostat pour les Sunnites

    Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Je vous en donne ici une description rapide et schématique qui ferait sans doute hurler les experts mais le temps nous manque pour en faire un exposé exhaustif.

    Issus au Xè siècle, aux frontières de l‘empire arabe et de l‘empire byzantin, d‘une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d‘Alaouites – c‘est à dire de partisans de Ali, le gendre du prophète – quand ils veulent qu‘on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l‘Islam que peuvent l‘être les chamanistes de Sibérie.

    Et cela ne leur a pas porté bonheur… Pour toutes les religions monothéistes révélées, il n‘y a pas pire crime que l‘apostasie. Les Alaouites sont considérés par l‘Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVè siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l‘ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n‘a jamais été remise en cause et est toujours d‘actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères Musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l‘actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s‘autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires.

    Un revirement social grâce à un renversement politique

    Il leur a fallu attendre le milieu du XXè siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l‘erreur classique des parvenus lors de l‘indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l‘institution militaire n‘était qu‘un médiocre instrument de promotion sociale, ils n‘ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l‘encadrement de l‘armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c‘est à dire les minorités : chrétiens, ismaéliens, druzes, chiites et surtout alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu‘ils s‘en servent pour voler les riches et se venger d‘eux. C‘est bien ce qui s‘est produit en Syrie à partir des années 60.

    Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d‘une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l‘armée de l‘air puis ministre de la défense, s‘est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – chrétiens et druzes – qui l‘ont assisté dans sa marche au pouvoir. Il s‘est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne – le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires dont vous pourrez trouver la description détaillée dans un article paru il y maintenant près de vingt ans .

    La guerre civile des minorités alliées contre les Sunnites

    Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chi‘ites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d‘Irak et des Coptes d‘Égypte.

    Car, contrairement à la litanie que colportent les bien-pensants qui affirment que « si l‘on n‘intervient pas en Syrie, le pays sombrera dans la guerre civile »… eh bien non, le pays ne sombrera pas dans la guerre civile. La guerre civile, le pays est dedans depuis 1980 quand un commando de Frères musulmans s‘est introduit dans l‘école des cadets de l‘armée de terre d‘Alep, a soigneusement fait le tri des élèves officiers sunnites et des alaouites et a massacré 80 cadets alaouites au couteau et au fusil d‘assaut en application de la fatwa d‘Ibn Taymiyya. Les Frères l‘ont payé cher en 1982 à Hama – fief de la confrérie – que l‘oncle de l‘actuel président a méthodiquement rasée en y faisant entre 10 et 20000 morts. Mais les violences intercommunautaires n‘ont jamais cessé depuis, même si le régime a tout fait pour les dissimuler.

    L’incompréhension occidentale

    Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d‘accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective.

    Peu habitué à la communication, le régime syrien en a laissé le monopole à l‘opposition. Mais pas à n‘importe quelle opposition. Car il existe en Syrie d‘authentiques démocrates libéraux ouverts sur le monde, qui s‘accommodent mal de l‘autoritarisme du régime et qui espéraient de Bashar el-Assad une ouverture politique. Ils n‘ont obtenu de lui que des espaces de liberté économique en échange d‘un renoncement à des revendications de réformes libérales parfaitement justifiées. Mais ceux-là, sont trop dispersés, sans moyens et sans soutiens. Ils n‘ont pas la parole et sont considérés comme inaudibles par les médias occidentaux car, en majorité, ils ne sont pas de ceux qui réclament le lynchage médiatisé du « dictateur » comme cela a été fait en Libye.

    Si vous vous informez sur la Syrie par les médias écrits et audiovisuels, en particulier en France, vous n‘aurez pas manqué de constater que toutes les informations concernant la situation sont sourcées « Observatoire syrien des droits de l‘homme » (OSDH) ou plus laconiquement « ONG », ce qui revient au même, l‘ONG en question étant toujours l‘Observatoire syrien des droits de l‘homme.

    Les « Frères » à la source de l’info

    L‘Observatoire syrien des droits de l‘homme, c‘est une dénomination qui sonne bien aux oreilles occidentales dont il est devenu la source d‘information privilégiée voire unique. Il n‘a pourtant rien à voir avec la respectable Ligue internationale des droits de l‘homme. C‘est en fait une émanation de l‘Association des Frères Musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier Président, Monsieur Ryadh el-Maleh. L‘OSDH s‘est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds saoudiens et maintenant qataris.

    Je ne prétends nullement que les informations émanant de l‘OSDH soient fausses, mais, compte tenu de la genèse et de l‘orientation partisane de cet organisme, je suis tout de même surpris que les médias occidentaux et en particulier français l‘utilisent comme source unique sans jamais chercher à recouper ce qui en émane.

    Second favori des médias et des politiques occidentaux, le Conseil National Syrien, créé en 2011 à Istanbul sur le modèle du CNT libyen et à l‘initiative non de l‘État turc mais du parti islamiste AKP. Censé fédérer toutes les forces d‘opposition au régime, le CNS a rapidement annoncé la couleur. Au sens propre du terme… Le drapeau national syrien est composé de trois bandes horizontales. L‘une de couleur noire qui était la couleur de la dynastie des abbassides qui a régné sur le monde arabe du 9è au 13è siècle. L‘autre de couleur blanche pour rappeler la dynastie des Omeyyades qui a régné au 7è et 8è siècle. Enfin, la troisième de couleur rouge censée représenter les aspirations socialisantes du régime. Dès sa création, le CNS a remplacé la bande rouge par la bande verte de l‘islamisme comme vous pouvez le constater lors des manifestations anti-régime où l‘on entend plutôt hurler « Allahou akbar ! » que des slogans démocratiques.

    Cela dit, la place prédominante faite aux Frères Musulmans au sein du CNS par l‘AKP turc et le Département d‘État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. La Syrie n‘est pas la Libye et les minorités qui représentent un bon quart de la population entendent avoir leur mot à dire, même au sein de l‘opposition. Lors d‘une visite d‘une délégation d‘opposants kurdes syriens à Washington en avril dernier, les choses se sont très mal passées. Les Kurdes sont musulmans sunnites mais pas Arabes. Et en tant que non-arabes, ils sont voués à un statut d‘infériorité par les Frères. Venus se plaindre auprès du Département d‘État de leur marginalisation au sein du CNS, ils se sont entendus répondre qu‘ils devaient se soumettre à l‘autorité des Frères ou se débrouiller tout seuls. Rentrés à Istanbul très fâchés, ils se sont joints à d‘autres opposants minoritaires pour démettre le Président du CNS, Bourhan Ghalioun totalement inféodé aux Frères, et le remplacer par un Kurde, Abdelbassett Saïda qui fera ce qu‘il pourra – c‘est à dire pas grand chose -pour ne perdre ni l‘hospitalité des islamistes turcs, ni l‘appui politique des néo-conservateurs Américains, ni, surtout, l‘appui financier des Saoudiens et des Qataris.

    Tout cela fait désordre, bien sûr, mais est surtout révélateur de l‘orientation que les États islamistes appuyés par les néo-conservateurs américains entendent donner aux mouvements de contestation dans le monde arabe.

    Une question de survie

    Ce ne sont évidemment pas ces constatations qui vont rassurer les minorités de Syrie et les inciter à la conciliation ou à la retenue. Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l‘État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu‘elles défendront par la violence. Faire sortir le Président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n‘est pas lui qui est visé, ce n‘est pas lui qui est en cause, c‘est l‘ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs. Plus le temps passe, plus la communauté internationale entendra exercer des pressions sur les minorités menacées, plus les choses empireront sur le modèle de la guerre civile libanaise qui a ensanglanté ce pays de 1975 à 1990.

    Il aurait peut être été possible à la communauté internationale de changer la donne il y a un an en exigeant du pouvoir syrien des réformes libérales en échange d‘une protection internationale assurée aux minorités menacées. Et puisque l‘Arabie et le Qatar – deux monarchies théocratiques se réclamant du wahhabisme – sont théoriquement nos amies et nos alliées, nous aurions pu leur demander de déclarer la fatwa d‘Ibn Taymiyyah obsolète, nulle et non avenue afin de calmer le jeu. Il n‘en a rien été. Ces minorités syriennes menacées, l‘Occident, France en tête, n‘a opposé que la condamnation sans appel et l‘anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l‘accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique.

    Place aux théocraties Pétrolières

    Débarrassés des ténors sans doute peu vertueux du nationalisme arabe, de Saddam Hussein, de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi, à l‘abri des critiques de l‘Irak, de l‘Algérie et de la Syrie englués dans leurs conflits internes, les théocraties pétrolières n‘ont eu aucun mal à prendre avec leurs pétrodollars le contrôle de la Ligue Arabe et d‘en faire un instrument de pression sur la communauté internationale et l‘ONU en faveur des mouvements politiques fondamentalistes qui confortent leur légitimité et les mettent à l‘abri de toute forme de contestation démocratique.

    Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s‘emparer d‘un pouvoir qu‘elles guignent depuis près d‘un siècle n‘a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l‘empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent.

    Le double langage de l’Occident

    Prompt à condamner l‘islamisme chez lui, l‘Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman. La France, qui n‘a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste l‘arme au pied au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas.

    De même les médias et les politiques occidentaux ont assisté sans broncher à la répression sanglante par les chars saoudiens et émiratis des contestataires du Bahraïn, pays à majorité chiite gouverné par un autocrate réactionnaire sunnite. De même, les massacres répétés de chrétiens nigérians par les milices du Boko Haram ne suscitent guère l‘intérêt des médias et encore moins la condamnation par nos politiques. Quant à l‘enlèvement et la séquestration durable de quatre membres de la Cour Pénale Internationale par des « révolutionnaires » libyens, elle est traitée en mode mineur et passe à peu près inaperçue dans nos médias dont on imagine l‘indignation explosive si cet enlèvement avait été le fait des autorités syriennes, algériennes ou de tel autre pays non encore « rentré dans le rang » des « démocratures », ces dictatures islamistes sorties des urnes.

    A défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur cette curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L‘avenir dira si notre fascination infantile pour le néo-populisme véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l‘Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d‘une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l‘abri.

     
    • oscar

      25 août 2012 at 16 h 59 min

      @Johann Livernette
      bonjour, merçi pour ce long texte ; si j’ai bien compris les alaouites et les islamistes sunnites sont des méchants ; mais si j’étais chrétiens syriens ou simplement laics syriens, je préfère encore les « méchants » alaouites aux méchants fous de Dieu sunnites ; je crains que tous les chrétiens de Syrie ne soient les dindons de la farce, une fois Assad éliminé comme en Irak grace aux libérateurs GI’s ..Les chrétiens syriens ayant perdu leur protecteur n’auront plus le choix qu’entre la dhimmitude, la conversion ou venir grossir le flot des réfugiés en Occident.

       
    • michel

      25 août 2012 at 21 h 44 min

      Bonsoir,
      Merci Johan Livernette, bon article d’Alain Chouet qui résume la situation par la complexité des forces présentent en Syrie

       
    • jean doute

      25 août 2012 at 22 h 22 min

      oui c est véritablement une vérité dont l Europe va en payer le prix
      Nous sommes en danger très grave en Europe et particulièrement en France

       
    • Kalliste

      26 août 2012 at 8 h 08 min

      Merci infiniment Monsieur Livernette pour la diffusion de l’article d’Alain Chouet et pour ses lumières…
      À qui cet article était-il destiné initialement ? Dans quel support à t’il été publié?

       
    • millesime

      26 août 2012 at 10 h 05 min

      excellente information que celle-ci
      on ne peut pas reprocher à l’opinion publique d’ignorer l’actualité où d’accepter passivement sa tendancieuse et unanime description.
      Elle a bien d’autres soucis que le sort d’Assad. et de la Syrie Mais on peut en vouloir à ceux qui se targuent de rendre compte honnêtement (?) de cette actualité, de n’en évoquer ni la réalité, ni les coulisses, ni les manipulations, ni les dangers.!

       
  4. lodela971

    25 août 2012 at 16 h 01 min

    Serge Thion, ancien chercheur français, au CNRS au sujet des menaces israéliennes contre l’Iran. http://french.irib.ir/analyses/interview/item/208481-serge-thion,-ancien-chercheur-français,-au-cnrs

     
  5. zapatta

    25 août 2012 at 17 h 29 min

    :Benoît XVI et la crise en Syrie

    Benoît XVI au Liban du 14 au 16 septembre 2012

    par Oscar Fortin

    Mondialisation.ca, Le 24 aout 2012
    humanisme.blogspot.com

    « L’Église catholique confirme le voyage du pape Benoît XVI au Liban, programmé du 14 au 16 septembre. “La préparation du voyage se poursuit sans incertitudes de la part du Vatican”, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, Federico Lombardi. “Un signe concret en est que la papamobile est partie et est en cours d’expédition vers Beyrouth.”

    Ce voyage intervient dans un contexte géopolitique régional très tendu. Trois pays, et non des moindres, l’Égypte, la Syrie et l’Irak, vivent des jours critiques pour leur avenir. Il lui sera difficile de passer outre à ces conflits. Pour le moment, les échos qui nous parviennent sont à l’effet qu’il fera plutôt un appel à tous les chrétiens des églises orthodoxes et latines pour qu’elles s’impliquent de manière à témoigner de l’Évangile par des œuvres d’engagement social et humanitaire. Un message qui devrait rejoindre tout le Moyen-Orient.
    Concernant la Syrie, il faut s’attendre à un discours qui ne mette pas dans l’embarras ses alliés traditionnels de l’Occident. Ce défi sera d’autant plus difficile à relever que la Maison-Blanche vient de déclarer que toute négociation de l’opposition avec le gouvernement de Bachar Al Assad doit comporter un prérequis essentiel, celui du départ de ce dernier. Cette déclaration survient un jour après que le vice-premier ministre syrien eut annoncé la disposition de son gouvernement d’entamer des négociations sans aucune condition préalable avec toutes les forces de l’opposition.

    Les interventions récentes de Benoît XVI sur la crise en Syrie

    En abordant ce sujet, je pensais sincèrement que Benoît XVI se tenait à l’écart du conflit sanglant qui embrase la Syrie. Une recherche rapide sur Google m’a révélé qu’il est intervenu à diverses reprises au cours de la présente année. Il faut dire que ce ne fut jamais à partir d’une conférence de presse exclusivement consacrée au conflit syrien. C’était plutôt à l’occasion de la prière de l’Angélus ou encore de rencontres avec des évêques ou des groupes particuliers. Dans tous les cas, le relais de ses propos par la presse internationale a été plutôt discret, même si le contenu permettait à la partie occidentale d’y trouver son compte.

    Le 12 février 2012, lors de la prière de l’Angelus, Benoît XVI « invite tout le monde et tout d’abord les autorités politiques en Syrie à privilégier la voie du dialogue, de la réconciliation et de l’engagement en faveur de la paix”.Il faut se rappeler que, quelques jours plus tôt, le groupe des observateurs de la Ligue arabe avait produit un rapport dans lequel il dénonçait la présence de groupes armés qui attaquaient les forces gouvernementales et les institutions publiques. De plus, il constatait que nombre d’informations transmises par les médias internationaux s’avéraient sans fondement dans la réalité. Une déclaration et un rapport qu’on se garda bien de publier à grande échelle et qui marqua la fin de cette mission d’observateurs. Les points 26 à 29 de ce Rapport sont éloquents sur ces deux points.

    Benoît XVI avait là une belle occasion de mettre en relief les principales données de ce Rapport dont il ne pouvait ignorer le contenu. Par exemple, relever le fait de ces forces armées qui s’attaquent aux forces gouvernementales dont la responsabilité est de toute évidence de les contrer. Il a plutôt choisi de s’en prendre directement au gouvernement, toujours considéré comme le seul responsable de la violence, sans relever le fait que le dialogue sollicité devenait impossible avec ces groupes armés. De plus, il n’a eu aucun mot à l’endroit de ces pays engagés avec ces groupes terroristes visant le renversement par la violence du gouvernement.

    Il eut pu, également, relevé, à partir de ce rapport, le problème de l’information en rappelant à la presse internationale et aux journalistes, en particulier, leur devoir d’assurer une information objective, fondée sur des faits et non sur des rumeurs qui s’avèrent, plus souvent que moins, sans fondement. En un mot, rappeler avec force que le droit à la vérité est également un droit fondamental de la personne.

    Malheureusement, de ces faits peu connus, il n’en dira rien.

    Le 8 mars dernier, à l’occasion de Pâques, il eut également un message sur le conflit en Syrie. À ce moment, Kofi Annan dirige une mission visant la fin de la violence et la mise en place d’une négociation entre les diverses parties syriennes impliquées dans le conflit. Benoît XVI sait, à ce moment, que des pays, regroupés sous le titre des “amis du peuple syrien”, financent et arment des mercenaires et des terroristes pour combattre les forces gouvernementales. Il sait que, parmi ces pays, il y a les États-Unis, la France, l’Angleterre.Il sait également que l’information transmise par les médias occidentaux est, plus souvent que moins, une déformation de la réalité, quand elle n’est pas pure invention. Que dit-il alors?

    “… que cesse l’effusion de sang et que soit entrepris sans délai le chemin du respect, du dialogue et de la réconciliation, comme le souhaite la communauté internationale. Que les nombreux réfugiés, provenant de ce pays et ayant besoin d’aide, trouvent l’accueil et la solidarité qui puissent soulager leurs pénibles souffrances.”

    Là encore, il se fait silencieux sur les pays qui financent et soutiennent en armements les mercenaires armées et qui s’affirment, hypocritement, solidaires de la mission Annan. Pas un mot sur la manipulation de l’information. Pas un mot sur le respect du droit international concernant la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pas un mot sur la position assumée par la Russie et la Chine qui se réclament le respect du droit international, voulant ainsi éviter que se reproduise en Syrie ce qui s’était passé en Libye.

    Le 21 juin dernier, s’adressant aux participants de la réunion des oeuvres d’assistance aux Églises orientales (Roaco), Benoît XVI affirme sa “proximité aux grandes souffrances des frères et des soeurs de Syrie, en particulier des petits innocents et des plus faibles” et a demandé que “ne soit épargné aucun effort” de la communauté internationale pour la paix.

    “…que Dieu donne la sagesse du coeur à ceux qui ont des responsabilités, afin que cessent toute effusion de sang et la violence qui apporte seulement douleur et mort”.

    Le journal La Croix de poursuivre :

    “Que ne soit épargné aucun effort (…) de la part de la communauté internationale pour faire sortir la Syrie de la situation de violence et de crise actuelle, qui dure déjà depuis longtemps et risque de devenir un conflit généralisé qui aurait des conséquences fortement négatives pour le pays et pour toute la région.”

    Au moment de tenir ces propos, Benoît XVI sait que la plan Annan est dans une impasse et que le Conseil de sécurité est bloqué. D’une part, il sait qu’il y a le bloc de ceux qui se disent les “amis du peuple syrien” et qui veulent par tous les moyens le départ de Bachrar Al Assad et le changement de régime. D’autre part, il sait également qu’il y a ceux qui appuient la Russie et la Chine dans leurs efforts pour faire respecter le droit international, en soutenant le fait que seuls les Syriens ont le pouvoir de décider de leurs gouvernants et de leur régime politique. Pour ces derniers, le mandat de la communauté internationale ainsi que celui de Kofi Annan est que cesse la violence et que les Syriens s’assoient à une même table et décident eux-mêmes leur avenir. Mais de cela Benoît XVI ne parle pas.

    De nouveau, le 29 juillet, depuis sa résidence d’été, le Pape Benoît XVI se réfère à la Syrie. À ce moment, Kofi Annan n’a pas encore annoncé sa démission. Il le fera quatre jours plus tard, le 2 août. Le pape n’est pas sans savoir, toutefois, les difficultés rencontrées par ce dernier pour faire cesser la violence chez les opposants au régime.

    “Je continue à suivre avec inquiétude les événements tragiques et violents croissants en Syrie avec la triste succession de morts et de blessés, y compris chez les civils, a-t-il souligné. Je pense également au nombre élevé de personnes déplacées et de réfugiés dans les pays voisins. Je demande que leur soient garanties l’aide et l’assistance humanitaire nécessaires”.

    Je demande à Dieu la sagesse du cœur, en particulier pour ceux qui ont les plus hautes responsabilités afin que ne soit épargné aucun effort dans la recherche de la paix, y compris de la part de la communauté internationale, au travers du dialogue et de la réconciliation en vue d’une solution politique adéquate du conflit ». 


    Ce dernier message fut salué chaleureusement par S. Exc. Mgr Jean-Clément Jeanbart, Archevêque métropolitain d’Alep des Gréco catholiques.
    Ses intentions et ses prières sont sans doute très bonnes, mais il se refuse de mettre le poids de son autorité morale pour dénoncer ce qui fait achopper toute entente possible, à savoir les actes terroristes des forces de l’opposition et le support en argent et en armes qu’elle reçoit des pays occidentaux et arabes.
    Il s’en tient au terme générique de la communauté internationale et se garde bien de faire écho aux interventions de ses alliés traditionnels que sont les États-Unis et la France. Pas un mot, également, sur la désinformation qui n’aide pas à comprendre ce qui se passe en Syrie.

    Que dira-t-il maintenant lors de son séjour au Liban ?

    Si ce voyage se réalise, comme prévu, il faut alors espérer que Benoît XVI retrouve la liberté des Évangiles pour faire entendre au monde la parole d’une espérance et, plus particulièrement à ceux qui veulent se l’assujettir, que leur projet ne rejoint ni les idéaux évangéliques, ni l’espérance d’une l’humanité qui aspire à la paix, à la justice et à la vérité. Le monde auquel aspire l’humanité entière ne saurait être le produit des armes, de la corruption et du mensonge.

    Un moment tout privilégié pour rappeler, lui le successeur de Pierre, ce secret, révélé dans le Nouveau Testament, qui rend caduque la croyance à l’effet que le peuple juif est le seul peuple, objet de la promesse divine.
    Cette croyance est à l’origine de bien des conflits et surtout de cette idée qu’il lui revient, comme peuple élu, de diriger le monde. Tel n’est pas le cas. Bien au contraire, selon le message évangélique, la promesse divine est destinée à l’humanité entière, sans distinction de races, de couleurs, de religions.

    « Rm 11 25 : Frères, je veux vous faire connaître le plan secret de Dieu, afin que vous ne vous preniez pas pour des sages : une partie du peuple d’Israël restera incapable de comprendre jusqu’à ce que l’ensemble des autres peuples soit parvenu au salut. »

    « Eph 3 6 : Voici ce secret : par le moyen de la Bonne Nouvelle, les non-juifs sont destinés à recevoir avec les Juifs les biens que Dieu réserve à son peuple, ils sont membres du même corps et bénéficient eux aussi de la promesse que Dieu a faite en Jésus-Christ. »

    Une révélation qui met un frein à ceux et celles qui se croient destinés à gouverner le monde en se réclamant du pouvoir de Dieu en tant que peuple élu.

    L’humanité est une et tous, Israéliens, Palestiniens, Iraniens, Syriens, Français, Étasuniens etc, y ont leur place comme les membres dans un même corps.

    À ce jour, dans toutes ses interventions, Benoît XVI a fait appel au dialogue de toutes les parties pour trouver une solution politique au conflit syrien.

    Comment pourra-t-il poursuivre avec la même insistance alors que Washington vient de mettre une condition sine qua non à la reprise de tout dialogue : le départ de l’actuel président Bachar Al Hassad? Une condition inacceptable tout autant pour le Gouvernement que pour cette communauté internationale (plus de 50 % de la population mondiale) qui soutient l’approche de la Russie et de la Chine.

    D’ici le 14 septembre, bien des évènements peuvent remettre en question cette visite et, du fait même, certains propos de nature à secouer les prétentions de certains pays. Sinon, bon voyage et que le message soit clair et sans complaisance.

    « On ne peut servir deux maîtres. »

    Oscar Fortin

    Québec, le 23 août 2012 http://humanisme.blogspot.com

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=FOR20120824&articleId=32477

     
  6. lodela971

    25 août 2012 at 18 h 31 min

    Interview de Benjamin Dormann avec partie censurée par Audrey Pulvar. Benjamin Dormann a enquêté plus de deux ans sur le financement de la presse française. http://realinfos.wordpress.com/2012/08/24/interview-de-benjamin-dormann-avec-partie-censuree-par-audrey-pulvar/

     
  7. Nenuphar

    25 août 2012 at 21 h 45 min

     
  8. michel49

    26 août 2012 at 8 h 56 min

    « Eph 3 6 : Voici ce secret : par le moyen de la Bonne Nouvelle, les non-juifs sont destinés à recevoir avec les Juifs les biens que Dieu réserve à son peuple, ils sont membres du même corps et bénéficient eux aussi de la promesse que Dieu a faite en Jésus-Christ. »

    Une révélation qui met un frein à ceux et celles qui se croient destinés à gouverner le monde en se réclamant du pouvoir de Dieu en tant que peuple élu.

    L’essentiel est dit…

     
  9. Ponti

    27 août 2012 at 12 h 56 min

    Le roi Salomon était en SYRIE avant….
    Après la ville d’UR en IRAK ou Abraham serait né, c’est au tour d’Alep de se rappeler à Salomon
    Un peu d’histoire pour comprendre le présent:( texte de 1920.)
    Le General GOURAUD nommé haut commissaire de la France en SYRIE.
    Au lendemain de la guerre,(14-18) le Conseil Suprême des Alliés
    a décidé à San Remo de placer la Syrie sous mandat français.
    Décision bien légitime puisque, de tout temps, la France a été
    la nation amie des Syriens et que, depuis des siècles, son
    influence est prépondérante sur cette terre qu’on a pu appeler
    « la France du Levant ».
    Les richesses du sol de la Syrie, sa situation
    exceptionnelle au carrefour des routes reliant l’Occident
    à. la Mésopotamie, à l’Egypte et aux Indes, ont fait de ce
    pays, à toutes les époques de l’Histoire, le champ d’activité (?)
    des commerçants du monde entier.

    Damas, antique cité païenne, célèbre métropole de l’Islam,
    est la capitale de l’Etat de Damas.
    La ville compte aujourd’hui plus de 300.000 habitants. Les
    poètes l’appellent « Perle enchâssée dans l’émeraude », à
    cause de sa ceinture de jardins, ou encore « Grain de beauté
    du désert », à cause de la nudité de la région qui l’entoure.
    Damas, après avoir été la capitale du puissant royaume de
    Salomon, tomba sous la domination des Arabes au VIIe siècle,
    -sous Mahaviah, le plus grand Khalife de la dynastie des Omjiiades,
    puis sous la domination des Abassides.

    Alep, aujourdhui capitale de l’Etat d’Alep, est en effet une
    des plus vieilles villes du monde ; les monuments égyptiens
    mentionnent déjà « Halep » 2.000 ans avant J.-C. Placée au
    •centre d’un vaste bassin, d’une merveilleuse fertilité, point
    d’aboutissement des produits de la Mésopotamie et de la Perse
    Occidentale, les richesses de Mossoul et de Bagdad, carrefour
    des routes qui mettent en relation les continents européen,
    asiatique et africain, Alep occupe une situation incomparable
    au monde.
    Les longues caravanes de chameaux venant de la région
    de l’Euphrate, de Mossoul et de Bagdad aboutissent à Alep.

    L’Ancien Testament mentionne : Et Salomon bâtit Tamar (Palmyre)
    dans la partie déserte du pays…
    La suite est déjà écrite……….

     
  10. silbershark110neverdie

    29 août 2012 at 11 h 02 min

    l’Organisation Terroriste Atlantique Nord (O.T.A.N.) qui finance les terroristes wahabo-sionistes dans leur agression contre la Syrie va prendre une raclée ! lol

     
  11. silbershark110neverdie

    29 août 2012 at 11 h 21 min

    Reblogged this on silbershark110neverdie.

     
  12. elKhoury

    3 septembre 2012 at 19 h 34 min

    sur l’histoire des hebreux en orient, ont doit s’attarder un peu avant de prendre la bible comme reference historique. les decouvertes et etudes archeologiques recentes prouvent que les hebreux n’ont pu faire un vrai royaume sur les territoires du levant, pas plus q’un petit royaume ne depassant pas peut etre quelques klm de surface et un siecle au plus d’age dans le premier millenaire avant J.-C. les etudes prouves en plus que Jerusalem etait une ville plus hellenise que juive au temps de Jesus. Jamais Salomon n’etait le roi dont la capitale etait Damas.

     
  13. Clo Di Clo

    6 novembre 2012 at 11 h 09 min

    yalla regardez la carte et notez que tout le pétrole volé doit passer par là pour rejoindre la Méditerranée, tout le reste c’est du blabla …

     
 
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