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Chine : le harcèlement des défenseurs des libertés ne faiblit pas

30 avr

Des ONG ont dénoncé samedi la poursuite par les autorités chinoises du harcèlement des défenseurs des droits de l’Homme, après l’enlèvement d’un avocat engagé et la libération d’un autre éminent juriste, qui restait apparemment contraint au silence après 70 jours de détention.  Ce qui est arrivé à Li Fangping s’inscrit selon toutes les apparences dans la vague de disparitions forcées qui ont ciblé ce printemps des dizaines d’opposants chinois.
M. Li, qui avait pris la défense du célèbre militant contre les avortements imposés Chen Guangcheng, a été emmené vendredi en fin d’après-midi par des inconnus à la sortie d’une réunion à Pékin, ont annoncé deux associations basées à l’étranger.

Li Fangping, familier des dossiers sensibles comme ceux des chrétiens persécutés, a, selon China Aid, été enlevé à la sortie du bureau d’une ONG de défense des victimes du sida nommée Yi Ren Ping. Je risque d’être absent pour un certain temps, a-t-il eu le temps de déclarer à sa femme avant d’être conduit dans un endroit tenu secret.  Quelques instants plus tôt Teng Biao, un avocat qui a disparu pendant 70 jours, a lui été libéré sans explication.

Jointe par téléphone samedi, l’épouse de M. Teng a confirmé à l’AFP qu’il était rentré au domicile familial à 15H30 (07H30 GMT) la veille. Interrogée sur les conditions de détention de son mari, elle a confié qu’il ne lui était pas commode de s’exprimer.
Teng Biao, un juriste ayant entrepris de conseiller les victimes d’injustices en se référant aux lois en vigueur en Chine, ne s’est pas exprimé publiquement depuis sa libération, a confirmé Renee Xia, du Centre d’information pour les droits de l’Homme et la démocratie (CHRD) de Hong Kong.  S’il lui est impossible de parler, cela peut signifier qu’il est en train de subir énormément de pression, a-t-elle déclaré à l’AFP.

La disparition de Teng Biao et sa brusque libération inexpliquée sont emblématiques de la conduite de plus en plus sauvage et hors de tout cadre légal des forces de sécurité chinoises pour museler ce qu’elles considèrent la dissidence, a jugé Phelim Kine, chercheur de l’organisation Human Rights Watch.  M. Kine s’est dit inquiet des tortures que l’avocat pourrait avoir subies pendant sa captivité.

Si la Chine souhaite être considérée comme un partenaire responsable, elle ne peut pas continuer à jouer le jeu de libérer une personne pour en prendre une autre, a de son côté estimé Bob Fu, président de China Aid.
La libération de M. Teng et l’arrestation de Li Fangping sont intervenues au lendemain de la fin d’un dialogue entre Pékin et Washington sur les droits de l’Homme à l’issue duquel le secrétaire d’Etat adjoint américain Michael Posner a regretté un grave retour en arrière de la Chine.
Des dizaines de juristes, écrivains, journalistes, pétitionnaires, artistes ou blogueurs ont fait l’objet ces dernières semaines d’interpellations arbitraires, d’assignations à résidence et d’autres formes de harcèlement, Pékin voulant étouffer dans l’oeuf toute contestation inspirée par les soulèvements dans le monde arabe.

En février, Teng Biao et une douzaine d’autres juristes impliqués dans la défense de Chen Guangcheng avaient été interpellés, interrogés et passés à tabac par des policiers après s’être réunis à Pékin.

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Publié par le 30 avril 2011 dans Non classé

 

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